Corruption

Robert De Niro est à son tour éclaboussé par le scandale financier en Malaisie

Comme Leonardo DiCaprio avant lui, la star de 73 ans se retrouve aujourd’hui happée par l’affaire de détournement du siècle, dont s’est notamment saisie la justice américaine et suisse. L’acteur multi-oscarisé se dit prêt à rendre l’argent si nécessaire

Et de deux. Après Leonardo DiCaprio, critiqué pour ses amitiés troubles avec des personnages clé de l’affaire du fonds souverain 1MDB et de ses quatre milliards de dollars manquants, voilà qu’une autre célébrité hollywoodienne, Robert De Niro, s’est invitée dans le bourbier malaisien. L’Institut Tribeca Film, une organisation caritative en faveur de l’industrie cinématographie cofondée par l’acteur multi-oscarisé, a bénéficié des largesses des mêmes individus qui ont offert de l’argent à la Fondation Leonardo DiCaprio et qui sont actuellement dans le viseur de la justice américaine et helvétique.

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A la manœuvre: le milliardaire malaisien Jho Low, ami de Riza Aziz, beau-fils du premier ministre malaisien Najib Razak et patron de Red Granite Pictures, la société de production soupçonnée d’avoir financé son unique film «Le Loup de Wall Street» avec de l’argent public détourné. Selon les révélations de «The Hollywood Reporter», celui que l’on surnomme «la baleine» et qui est aujourd’hui au cœur du scandale 1MDB, a transféré des fonds au programme de formation pour réalisateurs de l’Institut Tribeca Film. Interpellé par le magazine américain, Robert De Niro s’est engagé à rendre l’argent si nécessaire.

Visites régulières du couple au pouvoir

Les relations entre la star internationale et Jho Low ne s’arrêtent pas à ce versement, dont le montant exact reste pour l’heure inconnu. L’acteur de 73 ans a participé, en 2012 à Las Vegas, à l’anniversaire de son bienfaiteur, en présence d’autres célébrités triées sur le volet. Occasion durant laquelle le milliardaire malaisien a offert de financer le drame policier de Martin Scorsese, «The Irishman», dans lequel Robert De Niro a joué le rôle principal. «Il ne s’agissait que de discussions», résume l’acteur.

Et «The Hollywood Reporter» de faire admettre à Robert De Niro ses rencontres, à plusieurs reprises aux Etats-Unis et en Malaisie, avec Najib Rzak et sa «first lady», Rosmah Mansor, pour un projet de rôle dans un long métrage signé Red Granite Pictures. Ceci, trois mois après l’ouverture de l’enquête américaine concernant le scandale 1MDB, dans lequel l’homme fort de Kuala Lumpur est clairement identifié comme étant visé en sa qualité de «fonctionnaire de haut rang au sein du gouvernement malaisien».

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Autre lien déconcertant, vu le contexte judiciaire tendu outre-Atlantique: le fils de Robert De Niro, Raphael, a vendu entre 2010 et 2011 à Jho Low pour 55 millions de dollars de propriétés de luxe à New York. Soit un appartement-terrasse à Lincoln Square d’une valeur proche de 24 millions de dollars et un logement haut de gamme au Time Warner Center, avec vue sur Central Park, estimé à près de 31 millions. Les deux objets ont été saisis en juillet dernier par la justice américaine dans le cadre d’une opération record visant à bloquer plus d’un milliard de dollars d’avoirs, supposés avoir été siphonnés d’1MDB.

Contactée par «The Hollywood Reporter», la société immobilière de Raphael De Niro affirme ne «jamais s’être doutée que l’argent» de Jho Low «provenait d’origines illégitimes». Ajoutant au surplus, mais sans préciser si les frais ou commissions encaissées via ces transactions seraient restitués, que les courtiers «n’ont pas l’obligation de vérifier la légitimité des fonds» qui leur parviennent.

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