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«En produisant en Europe, la réactivité est bien meilleure, ce qui aurait pu éviter des ruptures de stocks»
© LAURENT GILLIERON

Interview

Robin Cornelius: «Je suis prêt à relancer Switcher»

Robin Cornelius, le fondateur de la marque de textile, a lancé une procédure en poursuite à l'encontre de Switcher. Il attaque également l'entreprise pour diffamation

La société Switcher, basée au Mont-sur-Lausanne, est au bord de la faillite. Les employés et les fournisseurs ne sont plus payés. Robin Cornelius, le fondateur de la marque à la baleine jaune, a quitté le groupe en 2014 pour se consacrer à Product DNA SA, une société spécialisée dans la traçabilité des objets. Il détient encore 14% de Switcher alors que la famille Duraiswamy, en Inde, possède 86% du capital.

Le Temps: Comment expliquez-vous les difficultés actuelles de Switcher?

Robin Cornelius: En 2014 le management de Switcher a voulu rapatrier toute la production en Inde. Switcher produisait historiquement en Europe et en Inde. En tant qu’actionnaire minoritaire, je n’étais pas d’accord, raison pour laquelle j’ai d’ailleurs quitté le groupe à la fin 2014. En produisant en Europe, la réactivité est bien meilleure, ce qui aurait pu éviter des ruptures de stocks. Dans le textile, on ne peut pas tout faire au même endroit. Chaque pays a ses spécificités.

En quittant Switcher, il était convenu, en ce qui me concerne, d’un plan de paiement pour 700 000 francs. Comme ils ont interrompu les remboursements en avril 2015, j’ai lancé une procédure en poursuite en décembre de la même année. A la mi-mai 2016, le management de Switcher m’a fait passer pour un émotionnel qui s’attaquait à l'entreprise. J’ai alors décidé de les poursuivre pour diffamation. Depuis, c’est silence radio. Ils ne communiquent plus. C’est un comportement sans respect ni transparence.

- Quel est l’avenir de Switcher?

- Difficile de répondre à ce jour mais je reste positif malgré plusieurs millions de découverts. Même si cela doit passer par la case faillite.

- Switcher enregistrait un chiffre d’affaires de 80 millions de francs en 2007. Puis, les ventes ont chuté pour atteindre environ 25 millions en 2015. Quels sont les derniers résultats?

- Je n’ai pas d’information sur les résultats du groupe.

- Seriez-vous prêt à racheter la marque?

- Non. J’ai bientôt soixante ans et j’ai vendu l’entreprise après 30 ans d’activité car mes trois enfants ne s’intéressaient pas à la société. Je ne veux pas reprendre Switcher mais je me tiens à disposition pour rassembler le personnel, les créanciers, les fournisseurs et les clients – tous ceux qui ont construit la marque. Et je suis prêt à tout entreprendre pour la relancer. C’est d’ailleurs un devoir moral. Switcher reste une marque emblématique. Elle est même devenue un produit générique comme le Cenovis ou le Rivella.

- Que souhaitez-vous dire à la quarantaine d’employés de Switcher qui continuent de travailler sans être payés?

- Ils sont magnifiques, dignes et ne méritent pas cela. Mais ils ne doivent pas baisser les bras. Il faut rester sur le pont.

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