Hollywood peut nous en apprendre beaucoup. Prenez tout d’abord des personnages ayant des «bons» et des «mauvais» côtés. Ensuite, accentuez ce côté sombre et obtenez ainsi une suite à l’histoire. Pour finir, le bien doit triompher pour que l’histoire ait une fin heureuse.

Dans la saga contemporaine des robots-conseillers, nous pourrions débattre de leur rôle, mais il est probablement plus utile de comprendre comment ils peuvent contribuer à améliorer le monde de l’investissement actuel.

Veuillez noter que le présent article contient le terme «robot», qui est utilisé pour décrire des services de gestion de fortune en ligne qui fournissent une assistance de gestion de portefeuille purement automatisée à approche algorithmique. S’ils sont souvent appelés «robots-conseillers» dans les médias, techniquement ils ne prodiguent pas de conseils, c’est pourquoi ce terme ne sera pas présent dans cet article.

Les plus

Les robots doivent être intègres. Le système d’élaboration d’un portefeuille automatisé («algorithmique») doit en théorie être impartial, et donc proposer une solution peu coûteuse. Les frais des fonds sous-jacents qu’ils utilisent s’élèvent généralement en moyenne à 0,20% – 0,25%, car la plupart, voire la totalité de ces fonds, sont négociables en bourse (ETF). En comptant également les frais de gestion annuels du robot de 0,40% – 0,60%, le coût total de leurs portefeuilles revient à bien moins de 1,00%.

Comparons ces données avec d’autres solutions de placement diversifiées et sous gestion. Par exemple, les gestionnaires des fonds de fonds et les gérants de fortune discrétionnaires ont tendance à privilégier les fonds actifs, et malgré l’accès aux classes de part institutionnelles, le coût total annuel peut s’élever à 2,50%. Devoir générer plus de performance pour compenser ces 1,50% de frais annuels supplémentaires peut s’avérer difficile, particulièrement sur les marchés à faible croissance.

Les moins

Évidemment, comme le disait Warren Buffet: «Le prix est ce que vous payez, la valeur est ce que vous gagnez», et pour qu’un portefeuille robot délivre de la valeur, il faut examiner sa performance. Malheureusement, il est rare que l’utilisation de ces robots remonte à plus de cinq ans, c’est pourquoi les suivis de performance sont souvent insuffisants pour appuyer cet argument de preuves significatives.

Les robots sont également critiqués en raison du décalage potentiel entre le portefeuille et profil de risque de l’investisseur. La probabilité pour que cela arrive dépend de la fiabilité du système de profilage du robot, et il est vrai que certains sont plus sophistiqués que d’autres. Comme évoqué plus haut, les robots ne fournissent pas réellement de conseils d’investissement. Le niveau d’explications données à l’investisseur concernant les risques encourus et les hypothèses émises jouent également un rôle essentiel. Seul un entretien face à face avec un conseiller personnel peut présenter, entre autres, de tels avantages.

L’avenir

Dans les années à venir, il est possible que les conseillers financiers indépendants, les conseillers retraite et d’autres intermédiaires aient volontiers recours aux outils en ligne de gestion de portefeuille pour proposer une solution à moindre coût qui correspondent aux résultats de leur propre profilage. Pour les intermédiaires qui font actuellement appel à des gestionnaires de fonds discrétionnaires pour s’occuper des clients ayant des sommes importantes à placer, les services en ligne pourraient présenter des avantages en matière de coût, d’efficacité et de contrôle.

Les fournisseurs de produits, notamment les sociétés ETF elles-mêmes, pourraient mettre en place des solutions globales intégrées où les ETF maintiendraient des prix compétitifs par rapport à ceux des robots. Les fonds de bêta pur, soit ceux qui suivent la performance des indices classiques pondérés par la capitalisation boursière, pourraient devenir génériques avec une différence minime dans la performance nette de frais. Il existe d’ores et déjà des ETF qui suivent des indices reconnus tels que le S&P 500 au frais limités de 0,05%.

Il est donc aisé d’imaginer qu’à l’avenir, les sociétés seront en mesure d’élaborer des portefeuilles très diversifiés à moindres frais en utilisant des ETF de bêta pur. Le défi consiste à attribuer et gérer au mieux les fonds à bas coûts au sein des portefeuilles pour générer de meilleurs rendements.

Quiconque est en mesure de réussir ce pari sans coûts de transaction exorbitants a de grandes chances de voir son activité croître à l’avenir. Seront sans doute concernées les activités de ces intermédiaires désireux de fournir à leurs clients de bonnes performances à bas coût… et tout est bien qui finit bien!