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Le robot humanoïde Sophia pose pour les photographes et les étudiants à l’Université de Pampelune, le 7 juin 2018.
© JESUS DIGES/EPA

Opinion

Les robots et le moi

Depuis toujours, les nouvelles technologies poussent les hommes à se questionner sur eux-mêmes. Il est temps de trouver des éléments de réponse

La relation de l’homme à la machine se pose avec une acuité inédite en ces années 2010. L’avènement des assistants vocaux, du corps augmenté ou de l’intelligence artificielle suscite d’innombrables questions. A l’occasion d’un colloque à l’EPFL, nous consacrons une série d’articles à ces enjeux.

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C’est toujours le même problème. Que l’on parle de chatbot, d’assistant vocal, d’homme augmenté, de robot ou d’intelligence artificielle, la question ne change pas: quel est notre rapport à ces machines? Pour ceux qui inventent, créent et développent ces technologies, la réponse est d’abord, et évidemment, commerciale. A quel point leurs inventions sont-elles capables de réaliser les tâches qui étaient jusqu’ici effectuées par l’homme?

Mais fondamentalement, la réponse est plus subtile. Les machines vont-elles nous dépasser, nous remplacer? Peuvent-elles, un jour, prendre le pouvoir? Ces interrogations ne datent pas d’hier. Le test de Turing, qui consiste à faire converser un humain et un ordinateur, puis de voir si le premier parvient à reconnaître le second, a été imaginé par Alan Turing en 1950. Les trois lois de la robotique ont été édictées par Isaac Asimov en 1942.

Faire confiance à l’homme qui crée les machines

Plus anciens, les mythes, religieux ou non, ont souvent questionné le rapport de l’homme à une technologie dont il pourrait perdre le contrôle. C’est ce qui est arrivé au docteur Frankenstein, avec le monstre qu’il a voulu créer à son image. Icare, lui, voulait voler plus haut, mais il s’est brûlé les ailes et a dû reconnaître sa condition de simple être humain.

Ces références peuvent nous servir aujourd’hui pour répondre à ces questions. Comme le montre notre enquête réalisée au Japon, mais aussi notre article sur le nouvel assistant vocal Google Duplex, nos rapports aux machines intelligentes entraînent des remises en question identitaires. Les robots exercent une fascination sur les humains. Qu’on les aime ou qu’on les craigne, ils bousculent nos repères culturels.

C’est sans doute parce qu’ils nous projettent dans un futur inconnu qu’ils ne nous rassurent pas. Mais c’est aussi et surtout parce qu’on ne sait toujours pas si l’on peut faire confiance à l’homme, dans sa capacité à créer des machines qui nous servent davantage qu’elles nous desservent.

La supra-intelligence, un lointain fantasme

Les robots et l’intelligence artificielle déjà disponibles aujourd’hui sont prometteurs pour les perspectives qu’ils ouvrent. Mais ils sont aussi inquiétants, pour les révolutions sociales qu’ils pourraient provoquer. Néanmoins, ils sont encore loin d’égaler les capacités de l’homme. Ils sont saccadés, binaires, hyper-spécialisés, rapidement pris au dépourvu. Et, surtout, ils ne sont pas dotés de ce qui fait l’humain: l’empathie.

La supra-intelligence artificielle qui dominerait l’humanité, telle que l’ont décrite nombre d’auteurs et de cinéastes, reste donc un lointain fantasme. Pourtant, il est temps, déjà, de s’interroger sur le cadre éthique et les limites déontologiques qu’il faut donner à cette révolution technologique. L’homme est assez intelligent pour y songer. Et, ainsi, répondre à une partie de la question qu’il se pose depuis des siècles.

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