Roche a nettement augmenté le nombre de nouveaux médicaments mis sur le marché ces dernières années et prévoit de maintenir cette accélération. «Depuis que je suis dans la société, je n’ai jamais vu ça. C’est unique, s’exclame Severin Schwan, patron du groupe pharmaceutique bâlois. Ces trois dernières années neuf nouveaux médicaments ont été lancés. Et huit le seront probablement d’ici 2018».

En 2015 Roche a obtenu cinq homologations, dont celle de Cotellic, contre une forme de mélanome avancé, et Alecensa contre le cancer du poumon. Le régulateur américain (FDA) a en outre octroyé, en un peu plus de trois ans, le statut de percée thérapeutique à 11 molécules présentées par Roche, alors que, durant la même période, Novartis ou Pfizer ont obtenu cette autorisation d’accélérer les essais cliniques pour six de leurs médicaments en développement.

«2016, année cruciale»

L’an dernier, Roche a consacré 9,3 milliards de francs à la recherche et développement en réalisant un chiffre d’affaires de 48,1 milliards (+1% en francs ou +5% sans effet de change), et un bénéfice d’exploitation de 17,5 milliards (-1% en francs ou +5% sans effet de change). Le bénéfice net diminue de 6%, à 13,4 milliards de francs.

«2016 sera une année cruciale pour les solutions d’immunothérapie contre le cancer grâce à des médicaments combinés, souligne Daniel O’Day, responsable de la division pharmaceutique du groupe. En associant deux ou trois modes d’action nous améliorons les chances de parvenir à soigner le cancer et non plus seulement à retarder la progression de la maladie». Les scientifiques travaillent sur sept mécanismes d’immunothérapie en oncologie, qui visent à interagir avec le système immunitaire afin qu’il attaque les tumeurs. Roche mène quelque 45 essais cliniques dans ce domaine, et a porté de 7 à 9, le nombre de molécules en développement précoce dans ce secteur.

Huit nouveaux médicaments devraient être lancés dans les trois ans

L’idée que les médecins pourront bientôt se passer de la chimiothérapie grâce à l’efficacité de la médecine personnalisée qui mettra à disposition le médicament adapté à telle ou telle mutation génétique provoquant un cancer, est combattue par Roche.

Des études cliniques visant à mettre sur le marché en 2018 un traitement contre le cancer du poumon dit non à petites cellules comportant deux médicaments et une chimiothérapie sont en cours. Le taux de réponse au traitement passe de 20% à plus de 60% en cas d’utilisation de la chimiothérapie. «Il semble que la chimiothérapie casse l’enveloppe cellulaire et offre ainsi une porte d’entrée facilitée aux médicaments qui stimulent le système immunitaire pour attaquer la tumeur», explique Severin Schwan.