Avec une progression des ventes de 1% seulement dans la pharmacie l'an dernier – sur une base comparable et en monnaies locales – le groupe Roche ne pouvait que susciter la déception. D'autant que le bénéfice d'exploitation a chuté de 15% dans la division Vitamines et chimie fine, où les ventes ont par ailleurs reculé de 9% en monnaies locales (-3% en francs suisses), en raison d'une âpre concurrence. D'où la perte de 500 francs ou 4% essuyée par le bon de jouissance Roche mercredi en Bourse suisse. Ce qui porte à plus de 17% le recul essuyé par le titre en 12 mois. Pourtant le groupe affiche au titre de l'exercice 2000 un bénéfice net consolidé en hausse de 50% à 8,6 milliards de francs.

Quant au bénéfice d'exploitation, il a augmenté de 11% à 7,1 milliards de francs. Un résultat rendu possible par la plus-value de 2,5 milliards de francs réalisée sur la vente d'actions Genentech. Une fois de plus, le résultat financier, qui a plus que doublé (+106%), a donc apporté une contribution décisive à la hausse du bénéfice. Trois ans seulement après la reprise de Boehringer-Mannheim, qui permet d'afficher des résultats encourageants dans les diagnostics, Roche dispose de liquidités nettes de 3,2 milliards de francs (contre un endettement net de 2,9 milliards à fin 1999). Pour l'ensemble du groupe, les ventes ont progressé en 2000 de 8% à 27,5 milliards de francs, compte tenu de la division Parfums et Arômes de Givaudan, scindée et portée en Bourse. En monnaies locales, la progression des ventes de Roche s'est toutefois limitée à 2%.

Sur une base ajustée pour permettre les comparaisons, le bénéfice net de Roche en 2000 affiche toutefois une hausse de 14% seulement, à 5,014 milliards de francs, soit un niveau légèrement inférieur à la moyenne des attentes des analystes. Alors que le bénéfice d'exploitation s'inscrit à 4,3 milliards de francs, ce qui ne représente qu'une progression de 5%, jugée décevante même par la direction du groupe.

Si les analystes s'attendaient à une croissance nettement inférieure à celle du marché pour les activités pharmaceutiques de Roche l'an dernier, le mince accroissement de 1% affiché en monnaies locales (+7% en francs) était encore inférieur à ces attentes. C'est que Roche espérait encore compenser par le Xenical – son produit phare contre l'obésité – le recul des ventes induit aux Etats-Unis par l'expiration des brevets sur le Dormicum/Versed (anesthésie) et sur le Ticlid (accidents vasculaires cérébraux). Après un début en fanfare, les ventes de Xenical se sont toutefois tassées l'an dernier à 950 millions de francs (-4% en monnaies locales). «Mais nous ne baissons pas les bras», s'est exclamé Franz B. Humer, le responsable opérationnel du groupe, lors de la conférence de presse qui s'est déroulée mercredi à Bâle. Des efforts de marketing doivent en effet relancer les ventes de Xenical auprès des milieux médicaux. Ce n'est pourtant que pour le deuxième semestre 2001 que Roche entrevoit une reprise des ventes dans la pharma, avec pour l'ensemble de l'exercice 2001, une croissance prévisionnelle supérieure à celle enregistrée en 2000, mais à un seul chiffre.

De plus, Franz B. Humer table sur une légère baisse de la marge opérationnelle du groupe cette année alors que celle-ci a déjà fléchi à 15,6% l'an dernier. Enfin, les actionnaires de Roche devraient approuver début avril un fractionnement (split) par 100 des bons de jouissance Roche, ainsi que le versement d'un dividende de 115 francs (100 francs en 1999).