Roche, très peu touché par la concurrence des médicaments génériques, contrairement à Novartis qui subit la perte de brevet de son antihypertenseur Diovan, a présenté jeudi des résultats semestriels nettement meilleurs que son voisin et concurrent bâlois.

Alors que Novartis a progressé de 2% en termes de chiffre d’affaires et de bénéfice, Roche affiche une hausse de 4% de ses ventes, à 23,29 milliards de francs. Son bénéfice opérationnel a augmenté de 10%, à 9,48 milliards de francs. Le bénéfice net bondit de 40%, à quelque 6 milliards de francs. La marge opérationnelle brute sous-jacente dépasse désormais 40%, en progression de 2 points de pourcentage comparé au premier semestre 2012.

«Ces solides résultats sont principalement le fruit de la croissance de notre franchise en oncologie», précise Severin Schwan, patron de Roche. L’Avastin, dont la prévision de ventes annuelles maximum de 7 milliards de francs se rapproche, a affiché une progression de 12% au premier semestre et dépasse pour la première fois la barre des 3 milliards de francs grâce à de nouvelles indications, notamment dans la lutte contre le cancer des ovaires.

Le groupe est moins affecté que prévu par les mesures de restrictions budgétaires décrétées par le gouvernement de Barack Obama. Le chiffre d’affaires de la division pharmaceutique progresse de 11%, à 7,5 milliards de francs, aux Etats-Unis, contre 3% en Europe, à 4,6 milliards. «Les autorités américaines sont plus promptes à approuver et à récompenser les nouveaux médicaments innovants que les autorités européennes, explique Severin Schwan. La mise sur le marché est aussi beaucoup plus simple et plus rapide aux Etats-Unis qu’en Europe, où de nombreux règlements disparates retardent ce processus. Mais la Suisse est une exception.»

Aux Etats-Unis, le groupe bâlois a pu récemment obtenir un prix de vente supérieur de 10 à 15% à celui octroyé en Europe. Cette différence concerne le Perjeta, un nouveau médicament contre le cancer du sein métastasé. Les dirigeants de Roche n’affichent guère de craintes face à la concurrence des génériques. «Le premier générique de l’Herceptin (ndlr: contre le cancer du sein) n’apparaîtra pas sur le marché avant fin 2014, et le brevet de Mab­Thera (ndlr: contre la leucémie) ne sera échu qu’en 2016», explique Daniel O’Day, responsable de la division pharmaceutique.

De nouveaux produits de substitution, plus efficaces, sont déjà en phase finale d’essais cliniques ou approuvés régionalement. Ils devraient, selon Daniel O’Day, compenser l’impact de la concurrence des génériques. L’un d’eux, le GA101 contre une forme de leucémie, est développé à Schlieren, près de Zurich, où Roche a racheté, en 2005, la société Glycart. «Mercredi, des résultats d’essais cliniques démontrant une réponse thérapeutique très supérieure au traitement standard sont tombés, rayonne Severin Schwan. C’est fantastique car il est très rare, dans la recherche scientifique, d’obtenir une telle différence d’efficacité.» Le patron de Roche pense que le nombre d’emplois à Schlieren, une centaine aujourd’hui, sera augmenté suite à cette percée due à une molécule à double action qui stimule aussi le système immunitaire pour combattre ce type de leucémie.

Roche emploie 5000 personnes en Chine, où ses affaires ont progressé de 26% au premier semestre. Le groupe bâlois ne se sent pas concerné par l’affaire de corruption qui touche GlaxoSmithKline. «Nos procédures de contrôle dans ce domaine sont très strictes», assure Severin Schwan.

La pression sur les prix est nettement moins forte aux Etats-Unis qu’en Europe