Pharma

Roche rachète un concurrent américain

Le groupe bâlois se renforce sur le marché des maladies fibrotiques en rachetant Promedior pour un montant maximum de 1,4 milliard de francs

Après Novartis, Roche. La semaine dernière, le principal groupe pharmaceutique suisse faisait l’acquisition, pour 330 millions de francs, des activités au Japon du groupe sud-africain Aspen Pharmacare, spécialisé dans les génériques. Vendredi, au tour du deuxième géant bâlois de mettre la main au porte-monnaie. Roche a annoncé qu’il allait racheter une société biotechnologique américaine, Promedior, pour un montant maximum de 1,4 milliard de francs.

Promedior possède notamment un traitement qui va entrer dans une troisième phase d’essais cliniques, le PRM-151, contre les maladies fibrotiques. Ces dernières se manifestent par une hausse anormale de la quantité de tissu conjonctif fibreux au sein d’un tissu ou d’un organe. Roche versera un montant initial de 390 millions de dollars, auquel s’ajouteront des versements d’étape qui dépendront de l’atteinte d’objectifs prédéterminés de développement, d’homologation et de ventes.

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«Pas un montant considérable»

«Pour Roche, 1,4 milliard, ce n’est pas un montant considérable», estime Jérôme Schupp. L’analyste chez Prime Partners y voit un achat cohérent avec la stratégie du groupe, qui consiste à privilégier la recherche et le développement (R&D) en interne tout en procédant à des acquisitions pour équilibrer les budgets. «Les petites entreprises biotechs existent notamment pour lisser la R&D des grands», rappelle le financier.

Il y a un parallèle à faire entre le rachat par Novartis d’Aspen Pharmacare et celui de Roche, selon Jérôme Schupp. «Les deux Bâlois sont en bonne santé et ils peuvent grossir leur pipeline pour améliorer leur croissance», indique-t-il, alors que les deux mastodontes alémaniques contribuent chaque année davantage à la bonne santé des exportations suisses. Les deux multinationales se spécialisent chacune sur le marché des cancers tout en conservant une importante activité consacrée à d’autres maladies.

Ventes supérieures à 50 milliards

Roche cherche à remplacer ses trois médicaments phares de la dernière décennie, les anticancéreux Avastin, MabThera et Herceptin, qui tendent à tomber dans le domaine public. De son côté, Novartis, par le biais de sa filiale Sandoz, vise à prendre des parts de marché sur le marché des biosimilaires, des médicaments tombés dans le domaine public mais plus difficiles à copier que des génériques.

En 2018, Novartis a publié un chiffre d’affaires de près de 51,9 milliards de francs et Roche de 56,8 milliards. Le premier a publié un bénéfice net de 12,6 milliards et le second de 10,8 milliards.

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