A quelques jours d'affilée, le contraste entre les chiffres semestriels publiés par les deux géants pharmaceutiques des bords du Rhin ne pourrait être plus saisissant. Jeudi dernier, Novartis, qui consolide ses comptes en dollars, publiait un chiffre d'affaires en hausse de 11% à 20,6 milliards et un bénéfice net en progression de 9% à 4,6 milliards.

Communiqués lundi avec trois jours d'avance par rapport au calendrier initial, les résultats au premier semestre de Roche n'impressionnent pas autant - du moins à première vue. Le chiffre d'affaires recule en effet de 4% à 22 milliards de francs. Le résultat opérationnel diminue de 6% à 7,04 milliards et le bénéfice net s'effrite de 2% à 5,73 milliards.

Severin Schwan, aux commandes de Roche depuis mars, insiste sur les deux facteurs spécifiques qui ont pénalisé les résultats du groupe pharmaceutique en première moitié d'année. Il y a tout d'abord le recul des ventes de Tamiflu, le médicament prévu en cas de pandémie de grippe aviaire. Après avoir constitué d'importants stocks de l'antigrippal, les gouvernements n'ont plus besoin de renouveler leurs commandes. Sans tenir compte de Tamiflu, le chiffre d'affaires de l'ensemble du groupe progresse de 1% par rapport à l'an dernier. Ensuite, si l'on y ajoute l'impact des effets de change défavorables résultant de la faiblesse du dollar, les ventes de Roche affichent une progression de 10% en monnaies locales.

Pour le reste de l'année, Roche confirme ses objectifs pour l'ensemble de l'exercice 2008. Le groupe table sur une croissance de son chiffre d'affaires «situé dans la partie haute d'un nombre à un chiffre», soit au plus 10%, le tout exprimé en monnaies locales. Par ailleurs, le bénéfice par action devrait au moins atteindre le niveau de l'an précédent à taux de change constants.