Roche est née, en 1894 à Bâle, de l’idée du banquier Fritz Hoffmann-La Roche que l’on pouvait offrir des médicaments «industriels» de marque à partir d’extraits de plantes naturelles. Le fondateur de la compagnie s’associe avec un chimiste et lance un premier produit, un sirop contre la toux.

L’entreprise ouvre rapidement des succursales à l’étranger pour en compter 35 à la veille de la Seconde Guerre mondiale, une quinzaine d’années après avoir lancé son premier médicament de synthèse, un somnifère. La première grande découverte scientifique de Roche est le Valium, en 1963, qui marque, avec son entrée simultanée dans la lutte contre le cancer, le début de la forte expansion du groupe. Après s’être diversifiée dans le secteur des vitamines, et même des parfums et des arômes avec Givaudan, la société décide, à partir des années 2000, de vendre ces activités et se concentre sur la recherche de médicaments haut de gamme, notamment les anticancéreux acquis dès 1990 avec sa prise de majorité dans la société américaine Genentech. Cette acquisition, transformée en intégration l’an dernier, changera le parcours de Roche.

Longtemps préservée des restructurations lourdes par un portefeuille unique dans la lutte contre le cancer, Roche, qui compte également une division diagnostics, subit aujourd’hui le contrecoup des programmes de stabilisation des coûts de la santé mis en place par de nombreux gouvernements, dont celui des Etats-Unis. Les suppressions d’emplois toucheront tous les secteurs de l’entreprise, y compris la recherche. Le chiffre d’affaires annuel, de 49,1 milliards de francs en 2009, continuera à augmenter mais le nombre d’employés passera au-dessous de 80 000 afin d’économiser quelque 2,4 milliards de francs dès 2012.