Rodrigo Rato, directeur du Fonds monétaire international (FMI), a annoncé jeudi sa démission, deux ans avant l'échéance de son mandat. «Pour des raisons personnelles et responsabilités familiales», a-t-il expliqué.

Cette démission ne surprend pas tout le monde. Pour Bruno Gurtner, économiste auprès d'organisations suisses de développement et spécialiste des institutions de Bretton Woods, il était souvent absent de Washington et le personnel du FMI s'en plaignait. Différentes sources estiment que l'ancien ministre espagnol des Finances prépare un retour à la politique espagnole avant les législatives de mars 2008. Il pourrait apporter au Parti populaire (droite) une image internationale, et un grand crédit.

Des réformes inachevées

Rodrigo Rato ne retournera «en aucun cas» à la politique, réfute son entourage cité par l'agence Europa Presse. Il rejoindra une entreprise privée en Espagne, dont l'identité n'a pas été révélée, selon cette même source.

«Il n'est pas un homme brillant, n'hésite pas à dire Charles Wyplosz, professeur à l'Institut de hautes études internationales à Genève. L'homme n'a pas apporté des réformes promises, notamment sur la démocratisation de l'institution, et a assisté, sans pouvoir réagir, à la baisse des revenus.» Déjà, son arrivée n'avait pas eu lieu dans les meilleures conditions. Rodrigo Rato avait été nommé à l'insistance des Etats-Unis alors même que les Européens penchaient pour un autre candidat. La nomination avait été vue comme une récompense au soutien de Madrid à la guerre en Irak.

Pour Bruno Gurtner comme pour Charles Wyplosz, cette démission relance tout le débat autour de la procédure de nomination à la tête du FMI et de la Banque mondiale. Les Etats-Unis et les Européens se sont arrangés pour nommer un Américain à la Banque et un Européen au FMI.