HORLOGERIE

Roger Federer change de planète pub

Le Bâlois a rompu le contrat qui le liait à Maurice Lacroix pour signer avec Rolex.

La réconciliation entre Roger Federer et l'agence IMG n'a pas tardé à prendre de l'essor. Quelques semaines après son mariage à vie avec les raquettes Wilson, pour un montant jalousement tu, le numéro un mondial a racheté le contrat qui le liait à l'horloger Maurice Lacroix, mercredi, et conclu un accord nettement plus lucratif avec le concurrent Rolex. Ce dernier avait déjà parrainé Federer sur le circuit juniors. Une divergence de vues les avait désunis. «Roger a préféré être le No 1 chez nous que noyé dans la masse chez un autre fabricant», disait-on alors chez Maurice Lacroix, société qui réalise un chiffre d'affaires 25 fois inférieur à celui du géant genevois.

Révélée par le Tages-Anzeiger, l'information a été confirmée hier au Temps par Arnaud Boetsch, responsable du sponsoring tennis chez Rolex: «Ce retour de Roger à ses premières amours va déboucher sur un partenariat à long terme. Puis d'ajouter: seuls quelques détails de mise en route doivent encore être réglés, mais nous allons communiquer rapidement.» Rolex, déjà sponsor de Marat Safin et Andy Roddick, n'a pas dévoilé le montant de la transaction. La société stipule sobrement que, en qualité de partenaire officiel à Wimbledon, il lui semble cohérent de s'allier à la figure emblématique du tournoi. Chez Maurice Lacroix, les communiqués sont sereins. L'horloger était lié à Federer jusqu'au 1er juin 2009, à raison de 1,5 million de francs par an. Primes incluses, le Bâlois aurait perçu près de quatre millions de francs en deux ans. Le rachat des trois dernières années de contrat laisserait à Maurice Lacroix une belle consolation, «l'une des campagnes publicitaires les meilleur marché de l'histoire à ce niveau», concède un insider. CEO de Maurice Lacroix, Philippe Merk ne paraît pas trop déçu de cet épilogue: «Depuis deux ans, Roger a gagné cinq tournois du grand chelem et Maurice Lacroix beaucoup de notoriété. Nous allons poursuivre sur des bases plus émotionnelles qui correspondent davantage à notre positionnement actuel.»

En aparté, Roger Federer a souvent déploré la relative faiblesse de ses revenus. Le magazine Forbes lui prête quelque 13 millions de dollars en 2005, loin des 28 millions amassés par Andre Agassi et Maria Sharapova. IMG étudierait la pertinence de rompre un autre contrat: celui qui lie Roger Federer aux produits laitiers Emmi, trop provinciaux à son goût.

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