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Depuis lundi, le logo rouge d’Uniqlo a remplacé la traditionnelle virgule noire de Nike sur les vêtements de sport de Roger Federer.
© Clive Mason/Getty Images

vêtement

Roger Federer sollicité dans un litige social impliquant Uniqlo

Public Eye demande au champion d’interférer que soient rémunérées 2000 ouvrières indonésiennes employées par son nouveau sponsor japonais. Une pétition circule

Sur les pelouses de Wimbledon, Roger Federer exhibe sur ses maillots non plus la célèbre virgule noire de Nike mais le logo rouge d’Uniqlo, un géant japonais du textile. Deux ONG, Public Eye et la campagne Clean Clothes, ont profité de cette nouvelle garde-robe pour interpeller le champion.

Uniqlo, qui est une marque de vêtements japonaise, serait impliquée dans un litige avec 2000 employées du textile en Indonésie qui attendent depuis 2015 le versement de 5,5 millions de dollars d’arriérés de salaires et d’indemnités de licenciement. «Roger Federer est connu pour son fair-play exemplaire, peut-il vraiment tolérer une telle injustice?» interroge Public Eye. «Ces couturières fabriquaient des vêtements pour le géant japonais ainsi que d’autres enseignes. Elles attendent depuis trois ans les salaires et indemnités dues», explique Géraldine Viret, la porte-parole de Public Eye.

Lire aussi: Federer quitte Nike pour Uniqlo

Appel à Roger Federer

Ces ouvrières – il s’agit à 80% de femmes – ont perdu leur emploi après la décision des entreprises d’interrompre subitement leurs commandes. Leur employeur, Jaba Garmindo, s’est déclaré peu après en faillite. Si la procédure de faillite a reconnu leur droit à percevoir les salaires impayés, les travailleuses ne les ont toujours pas perçus. «Elles luttent inlassablement mais les enseignes de mode qui s’approvisionnaient auprès de la fabrique font la sourde oreille», dénoncent les deux ONG. Géraldine Viret poursuit: «Grâce au sponsoring de Roger Federer, Uniqlo bénéficie d’une énorme attention médiatique et nous voulons en profiter pour soutenir les couturières indonésiennes. Notre critique ne vise pas Roger Federer, nous demandons de jouer de son influence.»

Les deux ONG invitent à signer une lettre au tennisman sur le site www.hello-roger.ch, pour lui demander «de jouer de son influence pour pousser son sponsor à agir et à négocier avec les syndicats indonésiens». Ouverte le 4 juillet, elle a déjà recueilli 4000 signatures. Par ailleurs, Public Eye tente depuis ce jeudi d’entrer en contact avec l’agent de Roger Federer, aux côtés du Bâlois sur le green de Wimbledon.

Les valeurs, du discours au réel

Public Eye rappelle que le fondateur et président d’Uniqlo a salué le partenariat signé avec le champion suisse en indiquant qu’il partageait avec lui les mêmes valeurs: protéger la planète et apporter une meilleure qualité de vie au plus grand nombre. «La réalité semble tout autre», regrettent les ONG. Qui sont persuadées que si Roger Federer est informé de la situation des 2000 ouvrières indonésiennes, il interférera en leur faveur, en qualité de nouvel ambassadeur de la marque.

Pour rappel, le champion est fortement impliqué de manière humanitaire par le biais de la Roger Federer Foundation, dont les programmes visent à promouvoir l’éducation d’enfants. 300 000 sont actuellement soutenus en Zambie, au Botswana, au Zimbabwe, en Afrique du Sud et au Malawi. Cet appel auprès de Roger Federer ne suscite pour le moment que peu de réactions dites officielles. Swiss Tennis ne souhaite pas se prononcer. «Cela concerne le joueur, pas la fédération», précise Sandra Perez, responsable médias.

«Roger on a besoin de ton coup de raquette!»

Sur les réseaux sociaux, notamment la page Facebook de Public Eye, les commentaires commencent à arriver, divergents. «Etre riche, c’est avoir des responsabilités sociales, Roger on a besoin de ton coup de raquette!» «Allez Roger, prouve-nous que tu es toujours un mec bien!» Une internaute: «Ce n’est pas le job de RF de faire cela, son job est de jouer, foutez-lui la paix, ne lui envoyez pas de messages. Il défend et prône des valeurs fondamentales par son art.» «Parce que chez Nike ils faisaient tout bien??!?» «Grand sportif oui mais renoncer aux millions promis par Uniqlo? Jamais.»

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