L'appétit des investisseurs pour les actions atteint des niveaux historiquement élevés. Ceci n'est pas de bon augure. Les vents contraires sont multiples: décélération de la croissance économique globale et des bénéfices, poursuite de la hausse des taux américains et des rendements obligataires, détérioration de la liquidité globale. En contrepartie, les niveaux de valorisation sont raisonnables, limitant les risques de baisse significative.

Dans cet environnement, les actions de la zone euro – et du Japon – sont nos favorites. Les avantages des Bourses d'Euroland sont multiples. Si la croissance des bénéfices n'atteint pas un rythme de hausse à deux chiffres, elle reste cependant supérieure à celle anticipée dans les principaux autres pays (sauf au Japon). Cette bonne orientation des profits découle d'une poursuite des efforts de contrôle des coûts et de l'amélioration des volumes de ventes. Avec un ratio cours/bénéfices de 13 fois (contre 16,5 fois aux Etats-Unis), les bénéfices opérationnels estimés pour 2005 sont faiblement valorisés.

Un autre avantage des valeurs de la zone euro est leur rendement du dividende. S'élevant en moyenne à 3,2%, il est le double de celui offert outre-Atlantique, dépasse le rendement des emprunts d'Etat libellés en euros pourvus d'une échéance inférieure à 6 ans, et avoisine celui des obligations à 10 ans, qui offrent 3,7% de rendement. Dernier atout, les institutionnels européens disposent de liquidités supérieures à la moyenne.

Nos titres favoris sont des valeurs industrielles telles que Saint-Gobain, Siemens, EADS ou Thalès, des valeurs bénéficiant de la reprise attendue de la consommation en zone euro, telles que Casino ou Pinault-Printemps-Redoute ou des défensives telles que E.ON. LVMH figure également parmi nos valeurs favorites du fait de l'importance de la contribution de l'Asie aux ventes. Les investisseurs avec une âme de trader peuvent vendre leurs titres pétroliers, dont la correction semble imminente, dans l'optique de les racheter plus tard.