Le conflit Swissmetal est au point mort. Avec persévérance, le médiateur Rolf Bloch cherche le compromis qui permettra, peut-être, d'entamer une négociation. Plongés dans une attente pesante, les grévistes de «la Boillat» ont reconduit leur mouvement pour un 24e jour. Le travail ne reprendra vraisemblablement pas avant lundi à Reconvilier.

Après avoir rejeté le protocole initial rédigé par Rolf Bloch, la direction de Swissmetal a transmis ses contre-propositions au médiateur. Homme de contact entre les grévistes et Rolf Bloch, le coprésident d'Unia, Renzo Ambrosetti, les a jugées inacceptables et a retourné la copie à l'émissaire de Joseph Deiss. Rolf Bloch croit pourtant pouvoir parvenir à un protocole qui décrispera la situation. «Nous sommes plus près du but, mais la dernière ligne droite reste la plus difficile», a déclaré l'ancien patron des chocolats Camille Bloch à l'agence AP. Les grévistes devraient examiner de nouvelles propositions de Rolf Bloch ce vendredi.

Jeudi matin, 21 grévistes ont protesté devant le Palais fédéral à Berne. Vingt et un manifestants symbolisant les 21 cadres de la Boillat licenciés par la direction. «Cette action illustre la solidarité entre cols bleus et cols blancs», commente le syndicat Unia.

Autre «événement» du jour: le dîner partagé par le pasteur de Reconvilier, Marc Balz, le vice-président du Conseil synodal Jura-Berne-Soleure, Raymond Bassin, et le directeur de Swissmetal, Martin Hellweg. «Un repas cordial, pour dire l'inquiétude des Eglises et expliquer la réalité du monde du travail dans le Jura bernois», rapporte Marc Balz. Qui a vu en Martin Hellweg, «un homme attentif, qui a dialogué avec honnêteté». Le repas découle d'une invitation de Martin Hellweg, après les critiques exprimées par le pasteur dans le Blick. «Une porte s'est ouverte, nous avions plus à gagner à aller discuter plutôt qu'à refuser», dit encore Marc Balz, conscient que son action n'apporte pas la solution au conflit. «Mais je crois au dialogue et à la négociation», assène-t-il.