Les Suisses passent le quart de leur vie à la retraite. Mais de plus en plus, le 3e âge n’est pas que du temps libre. Des seniors consacrent en effet une partie de leur temps au travail. En 2019, 190 000 personnes, soit le tiers des hommes de plus de 65 ans et le quart des femmes de plus de 64 ans, exerçaient une activité rémunérée. Le nombre est en hausse de 75% en vingt ans, indique Andreas Christen, économiste auprès de Swiss Life et auteur d’une étude présentée mardi à la presse. Les seniors qui exercent une activité professionnelle le font majoritairement par pur plaisir (66%), pour des raisons financières (26%) ou pour des motifs professionnels, par exemple en raison de problèmes de succession (14%) ou pour d’autres raisons. Le total dépasse 100% en raison de la possibilité des choix multiples.

Si la tendance concerne tous les milieux socioéconomiques, les écarts sont significatifs entre les régions, les métiers et les formations.

12% seulement à Neuchâtel et dans le Jura

Les Suisses romands sont nettement moins nombreux à travailler durant leurs vieux jours. A Neuchâtel et dans le Jura, ils ne représentent que 12% des retraités, à Genève 15%, Vaud 19%. A l’inverse, les cantons de Suisse centrale et les Grisons présentent un taux de 28%, Zurich de 26%. Les raisons de ces différences n’ont pas été traitées dans l’étude

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Les métiers les plus représentés parmi les seniors actifs sont les agriculteurs (70%), les architectes (68%) les journalistes et les artistes (66%) et les cadres de direction (54%), mais toutes les professions sont concernées. A l’autre bout de l’échelle, on trouve les soins (16%), l’enseignement (18%), la vente (24%) et la construction (25%).

L’étude indique que 14% des Suisses (64/65 à 75 ans) n’ont jamais eu d’activité professionnelle, par choix de vie ou pour des raisons de santé. Une petite minorité des seniors (7%) ont pris une préretraite contre leur gré, dont près de la moitié à la suite de restructurations ou de fermetures d’entreprises, selon Swiss Life. Mais 25% ont quitté la vie active «plutôt de façon volontaire», dont près de la moitié parce qu’ils pouvaient se le permettre ou n’avaient plus très envie de travailler. 13% de ces seniors (jusqu’à 75 ans) poursuivent une activité professionnelle.

La moitié des Suisses veulent travailler à la retraite

Le prolongement de la vie active au-delà de l’âge de la retraite est une tendance forte, selon Andreas Christen. La moitié des Suisses de plus de 55 ans se disent prêts à travailler après 64 ans (femmes) et 65 ans (hommes), selon un sondage de ValueQuest mené en octobre 2020 auprès de 1472 personnes entre 55 et 70 ans, sur mandat de Swiss Life.

Plusieurs conditions doivent être remplies pour envisager une activité professionnelle à l’automne de sa vie. La santé est, comme attendu, un facteur majeur. Les sondés ajoutent ensuite immédiatement un climat d’entreprise agréable et l’estime de l’employeur.

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Les aspects financiers, quoique à un moindre degré, jouent aussi un rôle important dans leur décision, sous la forme d’une amélioration de la rente, d’une diminution des impôts ou d’un revenu d’appoint. Tous les sondés entendent tout de même réduire leur taux d’activité avec l’âge. Andreas Christen précise qu’une importante minorité des sondés (29%) ne sont nullement intéressés par une activité à la retraite.

Il ressort enfin du sondage que 63% des retraités ne regrettent pas leurs choix passés et quitteraient leur travail au même âge s’ils devaient prendre la décision une nouvelle fois.