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Canary Wharf, le plus important quartier d'affaires de Londres après la City. 
© Daniel Leal-Olivas/AFP PHOTO

égalité

Au Royaume-Uni, opération transparence sur les salaires

Les entreprises de plus de 250 employés doivent rendre publics les écarts de salaires et de bonus entre hommes et femmes. Une dizaine de groupes suisses se sont pour l’instant pliés à l'exercice

Elles sont plus de 4500 et ont jusqu’au 4 avril pour s’exécuter. Selon une disposition légale, les entreprises de plus de 250 employés en Grande-Bretagne doivent rendre publics les écarts de salaires et de bonus entre hommes et femmes et la représentation des genres à divers échelons.

Toutes n’ont pas encore obtempéré, mais un grand nombre de chiffres sont déjà visibles sur le site du gouvernement. Et certains résultats ont déjà suscité de vives réactions, notamment dans la finance où les écarts sont apparus substantiels. C’est le cas de plusieurs banques américaines disposant d’une filiale dans la City.

Citigroup paie en moyenne 44% de moins les femmes que les hommes. L’écart atteint même 67% pour les bonus. Pour Bank of America, le décalage est de 29% pour la part fixe et 58% pour la part variable. Morgan Stanley a aussi fait état d’écarts proches de ses concurrentes. Des différences qui ne s’expliquent pas par le temps de travail varié – le calcul est fait sur une base horaire – mais en partie par la représentation masculine plus large en haut des échelons hiérarchiques.

Les Suisses aussi

Plusieurs sociétés suisses doivent également s’y plier. Selon nos recherches, une dizaine d’entre elles au moins ont déjà publié leurs chiffres. Parmi elles figurent les grandes banques. Chez Credit Suisse, l’écart entre la part fixe est de 39%, tandis que celle de la part variable atteint 70%, explique l’établissement dans un communiqué. Ce dernier veut aussi souligner les progrès réalisés: l’année précédente, les écarts étaient pires, avec respectivement 49% et 76% de moins.

UBS, elle, offre un paiement par heure pour ses collaboratrices 31% en dessous de celui des hommes et un bonus 57% plus faible. Pictet Asset Management, également présent en Grande-Bretagne avec des équipes conséquentes, montre des écarts similaires: des salaires 29% inférieurs et des bonus réduits des deux tiers.

Meilleurs élèves

Certains se montrent néanmoins meilleurs élèves. Nestlé n’affiche «que» 6% de moins dans les salaires versés aux femmes et 14% de moins dans les bonus. Chez SGS, les employées gagnent 16,3% de moins par heure et 7% de moins de prime. Chez Kuehne Nagel, les collaboratrices basées en Grande-Bretagne reçoivent 4,9% de moins par heure. Elles sont plus nombreuses à recevoir un bonus, même s’il reste plus faible. Si les écarts chez Glencore sont similaires à ceux de la finance, les femmes sont plus nombreuses à obtenir une prime (94%, contre 90,5% des hommes). C’est aussi légèrement le cas chez l’assureur Zurich.

Cette pratique pourrait-elle inspirer la Suisse? Sylvie Durrer, directrice du bureau fédéral de l’égalité, note que beaucoup de pays font les mêmes constats. «D’abord, ils ont introduit des bases légales permettant aux individus d’exiger le respect de l’égalité salariale, puis ils se sont aperçus que le résultat n’était pas celui escompté. Désormais, la tendance est à imposer aux entreprises de réaliser une analyse et de faire de ce thème une priorité», explique-t-elle. L’Islande et l’Allemagne ont aussi pris des mesures. Quel que soit le modèle, «cela amène une certaine transparence sur les salaires, un sujet encore largement tabou».

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