La stabilisation de la bulle immobilière en Grande-Bretagne a coûté cher en termes de croissance. De 3,2% en 2004, l'expansion du produit intérieur brut (PIB) a ralenti à 1,8% l'an dernier, selon une première estimation publiée mercredi par l'Office des statistiques à Londres.

Mais la seconde économie européenne serait déjà en voie de réaccélération. Au quatrième trimestre, le PIB s'est affiché en hausse de 0,6% par rapport aux trois mois précédents, marquant le retour de la croissance à sa tendance de long terme alors qu'elle avait été en deçà depuis le début de 2005.

Simple sursaut ou nouveau départ? Les avis divergent. «Nous estimons que la croissance pourrait rester proche de son taux potentiel dans les trimestres à venir et même l'excéder au deuxième semestre», déclare Raymond Van der Putten, économiste de BNP-Paribas à Paris. L'amélioration de l'indice CBI du moral des industriels en janvier étaye son optimisme. Une hausse du taux d'intérêt directeur de la Banque d'Angleterre paraît dès lors envisageable en 2006.

Au contraire, Howard Archer, économiste chez le courtier Global Insight, anticipe un «retour de la croissance en dessous de sa tendance de long terme» pour les mois à venir. L'embellie de la fin 2005 a été tirée par les services et la consommation des ménages. Mais cette dernière devrait rapidement s'essouffler face à la revalorisation modérée des salaires et au gonflement du chômage.

Le nombre de demandeurs d'emploi se redresse depuis onze mois et vient de repasser la barre des 5%. Par ailleurs, l'effervescence immobilière qui, comme aux Etats-Unis, a soutenu la conjoncture, s'est en grande partie calmée. Les prix des logements n'ont plus augmenté que de 5,1% en 2005, selon le Centre for Economics and Business Research (CEBR). Il voit leur hausse se ralentir à 4,4% en 2006. Halifax, le premier bailleur de fonds dans le secteur immobilier, table sur une appréciation de 3%.

Pour Howard Archer, c'est vers le bas que pourrait aller le taux directeur de la Banque centrale. Celle-ci a publié mercredi les minutes de sa dernière réunion les 11 et 12 janvier. Comme le mois précédent, un seul de ses huit membres s'est prononcé en faveur d'une baisse du loyer de l'argent. Les opérateurs l'ont interprété comme un signe d'immobilisme. La livre sterling s'est néanmoins appréciée contre le dollar.