Elles courent, elles courent les rumeurs… Surtout en été, à en croire le porte-parole de La Bâloise, Philipp Senn. Pour lui, ça ne fait aucun doute. Le quatrième assureur helvétique, le dernier à croire en la complémentarité entre les secteurs de l'assurance et de la banque, ne change pas de stratégie. La banque SoBa (ancienne banque de Soleure, rachetée à UBS en 2000), active notamment dans la gestion de fortune, reste dans le giron du groupe. Il en va de même pour l'établissement belge racheté à la même époque, Mercator, et même, malgré les affirmations de Bloomberg qui parle d'une cession, de l'unité allemande Deutschland Ring Bausparkasse (DRB).

Pourtant, les analystes estiment que les deux activités n'ont plus rien à faire ensemble. Qu'à l'instar de Swiss Life et de Zurich Financial Services, La Bâloise devrait se concentrer sur son activité de base. N'en déplaise à Philipp Senn, les analystes soutenaient déjà cette thèse ce printemps, lorsque le soleil ne leur tapait pas encore sur la tête. Ils récidivent aujourd'hui, avec plus de vigueur il est vrai. Peter Casanova, analyste chez Deutsche Bank, se demande si des annonces ne seront pas faites lors de la présentation des résultats semestriels le 11 septembre prochain. Des professionnels évaluent la SoBa à 300 millions de francs, Mercator à 100 millions et pensent que la banque régionale bernoise Valiant pourrait être intéressée par la première.

Après la grande mode des synergies entre banque et assurance, la plupart des professionnels reviennent sur leurs pas. La Bâloise elle-même pourrait avoir raison de s'alléger du poids de ses filiales bancaires. Jadis le meilleur élève de la classe, le groupe a annoncé pour 2002 une perte de 634 millions de francs. L'ensemble de ses activités bancaires en était responsable à hauteur de 100 millions. Ce résultat s'expliquait principalement par la perte de plus de 300 millions de francs de Mercator.

La SoBa, elle, se porte mieux. Elle a terminé l'année dernière avec un bénéfice de 10 millions. Mais des analystes zurichois estiment que l'ouverture de points de private banking dans les villes helvétiques ne répond pas un besoin impératif des clients. En 2001, les filiales bancaires plombaient déjà les comptes, avec une perte de 38 millions imputable cette fois aux activités allemandes.

Philipp Senn rétorque que les branches à problème, la DRB et Mercator notamment, ont subi une restructuration qui porte ses fruits.