Rupert Murdoch songeait à quitter le navire. Le directeur général et fondateur du groupe de médias News Corp, au cœur d’un énorme scandale en Grande-Bretagne, envisageait de lâcher les rênes de son entreprise depuis plus d’un an, rapporte lundi le Wall Street Journal. Avec son fils James et son ancienne protégée Rebekah Brooks, il a rendez-vous aujourd’hui devant les députés britanniques pour donner sa version des faits du scandale des écoutes téléphoniques.

«Avant même que ne surgisse le scandale ces semaines-ci, le vieux Murdoch, 80 ans, envisageait de démissionner de son poste de directeur général en faveur de Chase Carey, directeur de l’exploitation du groupe», écrit le journal sur son site internet, citant des sources proches du dossier.

«En vertu de ce scénario, Rupert Murdoch resterait président», ajoute le journal, détenu par News Corp.

«Un tel changement – à l’étude depuis plus d’un an, selon une source proche du dossier – aurait sans doute peu d’effet sur le groupe au jour le jour, mais aurait une importance symbolique énorme», estime encore l’auteur de l’article.

Standard & Poor’s hausse la voix

L’agence d’évaluation financière Standard & Poor’s envisage d’abaisser la note de l’empire des médias du magnat australo-américain Rupert Murdoch News Corp, en raison du scandale des écoutes en Grande-Bretagne. Le groupe est actuellement rattaché à la catégorie BBB +.

La décision de Standard and Poor’s «reflète l’augmentation des risques associés aux activités et à la réputation (du groupe) alors que les poursuites judiciaires s’étendent», indique lundi l’agence. «La procédure judiciaire en Grande-Bretagne s’est amplifiée et les pressions provenant de parlementaires américains pour une enquête du FBI sont devenues plus intenses», ajoute S & P.

«Toute condamnation judiciaire peut affecter de façon importante la réputation de l’entreprise, ce qui peut être plus dommageable que toute pénalité financière», note l’agence de notation.

Une action secouée

Suite à l’annonce de S & P, l’action de News Corp a perdu 4,32% lundi à la bourse de New York, à 14,97 dollars.

A l’inverse, durant la nuit suivante à la bourse de Sydney, l’action du groupe reprenait 2,4% à 14,50 dollars australiens. Pour un analyste, l’action a été survendue depuis plusieurs jours, perdant 1/5e de sa valeur. Ce regain d’intérêt pour l’action, du moins à la bourse australienne, serait le fruit d’une chasse aux bonnes affaires.