Macroéconomie

La Russie doit se passer d’investissements étrangers

Les tensions géopolitiques et le ralentissement de l’économie russe ont fait tomber à un niveau insignifiant les investissements étrangers directs dans le pays. Ils sont presque dix fois moins élevés qu’il y a cinq ans

Le flux des investissements étrangers vers la Russie s’est tari pour de bon. En 2018, les investissements directs étrangers (IDE) n’ont totalisé que 8,8 milliards de dollars, révélait la semaine dernière la Banque centrale de Russie, soit à peine 0,5% du PIB russe. En 2013, les IDE dépassaient encore les 60 milliards de dollars. L’Institute of International Finance (une association globale de banques), qui utilise une méthodologie ne prenant pas en compte les revenus réinvestis, calcule une moyenne de 0,2% du PIB sur les quatre dernières années, dans une étude publiée jeudi. Ce qui place la Russie bonne dernière du classement des 23 principales économies émergentes, en termes d’investissements étrangers.

Peu de croissance et beaucoup de méfiance

La réticence croissante des étrangers à risquer leur argent sur le long terme en Russie résulte de facteurs géopolitiques (sanctions internationales), mais aussi et peut-être surtout de problèmes conjoncturels et structurels de l’économie russe. La croissance pique du nez et frise la récession: à peine 0,5% au 1er trimestre 2019. Les revenus de la population sont en régression depuis cinq ans, et le climat d’investissement se détériore. Dans une enquête menée fin 2018 par PricewaterhouseCoopers auprès de dirigeants d’entreprise en Russie, 88% jugent «difficile» la conduite d’affaires en Russie. 70% estiment que «la corruption est très répandue» et 60% relèvent un taux élevé de criminalité économique.