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Viktor Vekselberg (à droite), conserve, avec Renova, 48,83% de Sulzer
© Keystone/Dmitry Astakhov

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Russie: Sulzer s’estime protégé contre de nouvelles sanctions

Le groupe industriel peut utiliser comme il l’entend les actions rachetées à Viktor Vekselberg la semaine dernière. Tant que les sanctions demeurent, le dividende prévu pour l’oligarque est bloqué, soit 76 millions de francs pour 2017. La bourse applaudit

Sulzer est tiré d’affaire. C’est l’essentiel du message martelé jeudi, au cours d’une conférence téléphonique de plus d’une heure, par la direction du groupe industriel. Ses comptes aux Etats-Unis ont été placés sous séquestre à la suite des sanctions contre des personnalités russes. L’entreprise appartient aux «dommages collatéraux», a déclaré Greg Poux-Guillaume, président de la direction.

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«C’est un retour à la normale, d’autant plus satisfaisant qu’«aucune condition n’a été liée à l’autorisation de l’Office pour le contrôle des avoirs étrangers (Ofac)», ajoute-t-il. En vertu de cette décision, le groupe de Winterthour, qui emploie 2400 salariés aux Etats-Unis, peut utiliser les actions Sulzer rachetées à Renova comme il l’entend. Il peut les revendre à la personne et au moment qu’il estimera opportuns, ajoute le directeur général.

Sulzer a racheté pour 546 millions de francs un paquet de 5 millions d’actions détenues par Viktor Vekselberg et sa société Renova, afin de réduire la participation de ce dernier sous la barre des 50% et éviter à l’entreprise d’être sanctionnée. Le prix du rachat s’est élevé à 109,13 francs par titre. La participation de Renova au groupe suisse a ainsi été réduite de 63,4% à 48,83%.

En raison des sanctions, Viktor Vekselberg se voit refuser le dividende sur ses actions Sulzer (3,50 francs par titre en 2017). Au titre de l’exercice 2017, le montant versé en dividende atteint 119,4 millions de francs. Comme l’oligarque détenait 63% du capital, cela correspond à 76 millions de francs. Avec 48,83% du capital, le dividende serait de 57 millions par an. L’argent est conservé au sein de l’entreprise sur un compte bloqué. Si les sanctions devaient être levées, Sulzer verserait alors le dividende promis. Au total, entre Sulzer et OC Oerlikon, 125 millions de dividendes sont déjà retenus au titre de 2017, estime la NZZ.

Protection contre d’éventuelles nouvelles sanctions

Si les Etats-Unis décidaient de durcir les sanctions, par exemple en diminuant de 50 à 40% la participation admise pour des avoirs russes, Sulzer conserverait sa licence, assure la direction.

Par ailleurs, Viktor Vekselberg et sa société ne peuvent pas acheter d’instrument financier sur les titres Sulzer. De plus, si l’action Sulzer devait tomber en dessous du prix de 109 francs auquel il a acquis la participation de Viktor Vekselberg, un mécanisme de protection a été prévu qui éviterait tout risque de perte pour l’actionnaire minoritaire.

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Les coûts du contentieux avec les autorités américaines atteignent environ 10 millions de francs et se limiteront à cette année. Ce montant est un plafond et pourrait même être inférieur, a-t-il été précisé. En bourse, l’action a réagi favorablement, gagnant près de 5% jeudi matin à 117,60 francs. Le titre avait chuté de 25% depuis son plus haut d’avril (129,90) à 97,40 francs mercredi dernier.

Il est vrai que jeudi la société annonce aussi une hausse des commandes supérieure aux attentes des analystes. Les entrées de commandes ont augmenté de 12,8% à 900,2 millions de francs au premier trimestre, ce qui dépasse les 840 millions anticipés par les analystes.

Sulzer maintient ses objectifs pour cette année, soit une hausse de 5-7% des entrées de commandes et de 4-6% du chiffre d’affaires, et une marge d’exploitation de 9,5%.

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