Au cours de ces dernières années, les politiques économiques, le niveau de vie et la valeur des actifs financiers de l’Europe de l’Est n’ont cessé de converger vers les économies matures. Malgré son potentiel à long terme, la région a récemment fait état de sa nature cyclique et d’une forte exposition à certains facteurs externes. La dépendance accrue au financement extérieur s’est révélée dévastatrice en période de crise. Bien que la stabilité semble aujourd’hui en partie restaurée, le futur demeure incertain à bien des égards. Suite à la reprise historique du marché des actions durant le premier semestre, nous nous attendons à ce que l’Europe de l’Est sous-performe l’ensemble des pays émergents jusqu’à fin 2009.

Le niveau d’endettement de la région est devenu une source importante d’inquiétude à partir du troisième trimestre de l’année 2008. En l’absence de soutien de la part d’institutions fortes, la perspective d’un défaut généralisé semble avoir été sérieusement envisagée par les investisseurs. La panique s’est estompée suite à l’annonce, lors d’un sommet du G20, de l’augmentation des fonds de stabilisation du FMI à hauteur de 750 milliards de dollars et de la mise à disposition immédiate de prêts aux économies les plus vulnérables. Ce scénario catastrophe étant écarté, les marchés ont connu une hausse importante. Une telle reprise nous paraît prendre largement en compte les perspectives d’amélioration à court terme. Etant donné l’endettement des ménages et du système financier dans son ensemble, nous pensons que la reprise économique en Europe de l’Est sera lente. L’impulsion des économies de l’Union européenne devrait également rester modeste durant un certain temps. Nous continuons ainsi à favoriser la plus ferme croissance asiatique et la relative stabilité des pays d’Amérique latine dans nos portefeuilles d’actions.

Le cas de la Russie demeure particulier. Les problèmes dans ce pays ont essentiellement émergé suite à l’effondrement du prix du pétrole et de failles en termes de gouvernance. Grâce au fort rebond du prix du baril, la pression sur le rouble et la balance fiscale s’est estompée, et le risque d’une intervention drastique dans le secteur privé s’est amoindri. Bien qu’ayant plus que doublé depuis son niveau le plus bas, le marché russe reste à notre avis parmi les plus attractifs au niveau des pays émergents. Suite à une correction de 25%, nous avons augmenté notre exposition à ce marché, en particulier dans les secteurs miniers et de l’acier.

Actuellement, nous pensons que la Pologne et la République tchèque offrent le meilleur profil de risque au sein de l’Europe de l’Est. Après la Russie, la Pologne est l’économie la plus importante et la plus diversifiée de la zone et offre un potentiel de croissance intéressant. Le secteur bancaire polonais s’est toutefois également engagé dans des pratiques à haut risque. Notre exposition à ce marché se concentre essentiellement sur des valeurs cycliques et les télécoms. La République tchèque se caractérise comme étant l’économie la plus conservatrice et la plus développée de la région, et son système bancaire ainsi que ses grandes entreprises ont été relativement épargnés par la crise. L’exposition du pays au ralentissement économique mondial est toutefois importante, une grande partie de son produit intérieur brut provenant de ses exportations. Nos investissements en République tchèque restent focalisés sur de grandes capitalisations liquides, qui génèrent du cash et/ou bénéficient d’une prime justifiée pour leur qualité. Actuellement, nous n’avons pas d’exposition en Hongrie, qui représente à notre sens la zone la moins attractive de la région. Nous suivons toutefois avec attention certains titres qui pourraient s’avérer intéressants à moyen terme.

*CIO of Emerging Markets Equities, Lombard Odier *

** Avec la collaboration d’Emin Rasulov, Portfolio Manager.

A part la Russie, la Pologne et la République tchèque offrent le meilleur profil de risque