Le Centre de recherches conjoncturelles de l'Ecole polytechnique de Zurich (KOF) confirme le ralentissement de l'économie suisse. Son baromètre conjoncturel (indiquant l'évolution du Produit intérieur brut (PIB) sur une période de 6 à 9 mois) a marqué une nouvelle baisse au mois de décembre dernier. L'indicateur affichait 0,86 point pour cette période, contre 0,94 en novembre et 1,03 en octobre. Cette tendance indique clairement que la décélération de la croissance du PIB helvétique devrait se poursuivre durant le premier semestre 2001.

Suite à la croissance exceptionnelle de 3,5% qu'a connue la Suisse en 2000, l'économie helvétique devrait se rapprocher cette année d'un équilibre macro-économique à long terme, c'est-à-dire d'une croissance sans risque d'inflation. Les experts d'UBS et de la Deutsche Bank (DB) prévoient respectivement des taux de croissance de 2,2% et 2,5% pour cette année.

Comme le souligne François Savary, économiste à la DB, «ce tassement conjoncturel reflète aussi la dynamique économique mondiale, la Confédération se trouvant pleinement intégrée dans le système commercial international. Pour l'instant, l'économie suisse vit une période de ralentissement et non de récession». Position identique chez Warburg Dillon Read, dont un rapport récent soutient que malgré le ralentissement des échanges internationaux, l'activité interne devrait être soutenue par la consommation privée.

Opinions divergentes

Toute la question est donc de savoir maintenant comment la relance de l'activité économique se matérialisera. Les analystes l'attendent en début de deuxième semestre. Pour François Savary, deux scénarios sont probables, «soit une reprise en V (rapide), soit une reprise en U (lente)». Il opte pour la première possibilité, car la baisse des taux probable de la Réserve fédérale américaine la semaine prochaine devrait permettre une amélioration des fondamentaux internationaux. Les exportations suisses influant sérieusement sur l'ensemble des résultats économiques domestiques, on peut s'estimer confiant à moyen terme.

Il est encore utile d'ajouter qu'il existe une possibilité que la Banque Centrale Européenne baisse aussi ses taux directeurs. La chute du prix du pétrole lui laisse une opportunité d'agir de la sorte, tout en contenant le niveau d'inflation. Cependant, les opinions des économistes divergent concernant ce dernier point.