C'est une reconnaissance officielle de l'engouement que connaît le Brésil auprès de la communauté financière. Standard & Poor's (S & P), l'agence chargée de la notation des Etats, considère depuis mercredi que les dettes du pays sont devenues suffisamment peu risquées pour bénéficier du label «catégorie investissement». Une appréciation de leur capacité à être remboursées qui les situe au niveau de celles de pays comme la Colombie ou la Roumanie. S & P appuie cette décision sur une croissance économique qui pourrait se maintenir à 4,5% cette année et sur des investissements directs étrangers qui ont atteint un record de 35 milliards de dollars l'an dernier. Surtout, les exportations du pays ont triplé depuis l'arrivée au pouvoir du président Luiz Inacio Lula da Silva, en janvier 2003, en raison de l'envolée des prix du soja ou du minerai de fer.

Cette annonce de S & P sonne comme une revanche pour l'ancien responsable du Parti des travailleurs, dont l'élection avait été accueillie avec une extrême défiance par la communauté financière internationale. Le pays, un temps le plus important emprunteur des pays émergents, est devenu créancier net vis-à-vis de l'étranger en début d'année. Pour un investisseur américain, la bourse de São Paulo a vu son niveau exploser de... 1600% depuis l'arrivée de Lula!

La décision de S & P a été accueillie par une envolée de 6,3% de la bourse de São Paulo mercredi, du jamais-vu depuis quatre ans. Le real s'est apprécié de plus de 2% contre le dollar en quelques heures.