«Le G20 va être plus dûr qu’attendu.» Cette déclaration faite vendredi matin à Pittsburgh par le premier ministre britannique Gordon Brown en dit long que les difficultés de trouver un consensus auprès de vingt dirigeants dont les intérêts politiques et économiques ne sont pas les mêmes. Durant toute la période de préparation du sommet, les Européens ont martelé que la régulation financière et la rémunération des cadres bancaires étaient les sujets prioritaires. Or les Etats-Unis et encore moins les pays émergents n’ont pas le même agenda. C’est une sorte de gage que les grands pays ont donné à la Chine, à l’Inde et au Brésil en déclarant que le G20 remplaçait désormais le G7 comme l’enceinte principale de la coopération économique internationale. Dans le même registre, les Etats-Unis et l’Union européenne ont accepté de traiter en priorité le dossier de réformes du Fonds monétaire international (FMI).

Autant dire que la journée de vendredi s’annonce longue à Pittsburgh. D’autant plus que la découverte d’un deuxième site nucléaire qu’aurait caché l’Iran a attiré l’attention des dirigeants occidentaux. Le président américain Barack Obama, le premier ministre britannique Gordon Brown et le président français Nicolas Sarkozy se sont détourné des questions financières et économiques pour sommer le régime de Téhéran de se conformer d’ici décembre, aux lois internationales sous peine de nouvelles sanctions. Cette histoire est arrivée précisément où les Russes évoquent l’éventualité de revoir les sanctions déjà imposées sur l’Iran.

Revenant à la gouvernance économique mondiale, les diplomates présents à Pittsburgh ont longuement délibéré sur le rôle futur du G20, tout en insistant que le G7 ne sera pas formellement démantelé. Le Canada s’est même engagé le prochain G20 dans la région de Muskoka, au nord de Toronto, où se tiendra également du 25 au 27 du même mois le sommet du G7.

Les réformes du Fonds monétaire international (FMI) et un rééquilibrage des droits de votes, actuellement dominés par les Etats-Unis, l’Europe et le Japon ont fait l’objet des discussions jeudi et vendredi. Au milieu de diverses déclarations contradictoires, les pays européens ont laissé entendre qu’ils céderaient un peu de place aux pays émergents. Echaudés par des promesses non tenues, la Chine, l’Inde et le Brésil ont insisté sur un calendrier. L’accord d’une réorganisation du FMI ouvre la porte lui donner de nouvelles responsabilités. Selon le projet d’accord du G20, l’institution sera chargée d’évaluer la cohérence des politiques nationales de ses 186 membres.

Tout indique qu’après les gages donnés aux pays émergents, les questions de la réglementation des marchés financiers et de la rémunération pouvaient être traitées plus sereinement. D’autant plus que les Européens et les Américains ne sont pas sur la même longueur d’ondes.

L’agence Reuters a fait d’état d’un consensus autour de la nécessité de réduire, voire abolir les subventions à la production et la consommation des énergies fossiles. Une déclaration dans cette direction devrait se trouver dans la déclaration finale du G20.