Après l'offre publique d'achat (OPA) récente de Hexagon sur Leica Geosystems, Saia-Burgess est la cible d'une OPA de la part du groupe japonais Sumida. Ce dernier a annoncé jeudi détenir déjà 20% du capital-actions du fabricant de composants pour le secteur automobile qui emploie quelque 600 personnes dans la région de Morat (FR). Cette opération a été menée au moyen des finances du groupe et de celles de tiers. Il ne lui restera donc à acquérir que 30,1% du total des actions de Saia-Burgess, entre le 22 juillet et le 20 août environ, pour devenir majoritaire.

D'après les analystes, la tâche de Saia-Burgess pour contrer l'OPA ne sera pas aisée. «Le prix proposé, 950 francs par action, est élevé et attractif. Depuis les rumeurs d'OPA en mai, l'action Saia-Burgess a gagné près de 50%. Pour le conseil d'administration de Saia-Burgess, il devrait être difficile de convaincre les actionnaires que la voie solitaire peut à court terme mener à une évaluation comparable», dit Mark Diethelm, analyste à la Banque cantonale de Zurich, dans un communiqué publié vendredi. Opinion identique de la part d'un autre analyste: «La probabilité que l'OPA aboutisse est assez élevée. Je vois mal un chevalier blanc construire de nouvelles positions à un prix aussi élevé.»

Expansion en Europe

Quant aux synergies entre les deux groupes, elles sont assez faibles. Sumida marque un intérêt pour la division Controls, autrement dit la fabrication de systèmes de contrôle pour les chaînes de montage. Le groupe japonais compte ouvrir les portes du marché asiatique à Saia-Burgess. En contrepartie, Sumida veut se développer en Europe, un marché où il est peu présent. Pour atteindre ses objectifs – un milliard de dollars de chiffre d'affaires en 2007, contre 420 millions de francs en 2004 – Sumida s'est lancé dans une stratégie d'expansion. L'an dernier, le groupe japonais a acquis l'entreprise allemande d'électronique Telco.