Saia-Burgess Electronics est un groupe dynamique. Basé à Morat, spécialisé dans les commutateurs, les moteurs et les appareils électroniques de commande destinés à l'industrie et aux constructeurs automobiles, il est entré en Bourse en avril 1998, deux ans à peine après avoir été racheté par ses cadres. Alors qu'il venait de s'emparer il y a trois mois de l'entreprise allemande Bär Elektrowerke, Saia-Burgess a acquis le 30 juin dernier, pour un montant secret, l'intégralité des activités du britannique BM Instruments (BMI), producteur de capteurs de chaleur et de pression. Cette stratégie d'acquisitions avait déjà été esquissée en mars de cette année par le président du conseil d'administration, Andreas Ocskay, qui entend également se développer en Asie et en Amérique du Sud. Les deux derniers rachats ont été effectués sans endettement, assure Gerhard Reidinger, directeur des ventes et du marketing internationaux, mais en puisant dans le cash-flow.

En 1997 et en 1998 en effet, les affaires ont progressé plus que conformément aux vœux de la direction. Chiffre des ventes et bénéfice net ont bondi d'environ 13,5% pour le premier et de plus de 60% pour le second durant chacune de ces deux années. 1999 s'annonçait un peu moins bonne en raison d'un environnement économique moins favorable en Europe. En mai, la compagnie révélait que le bénéfice net s'était établi durant le premier trimestre à 5,2 millions de francs et le chiffre d'affaires à 75,5 millions de francs, en progression de 6,3% par rapport aux trois premiers mois de l'année précédente.

Tandis que l'acquisition de Bär Elektrowerke devait offrir à la société moratoise une position de leader en Europe avec une part de marché supérieure à 21%, celle de BMI ouvre plus largement la porte des Etats-Unis. En effet, l'entreprise britannique exporte vers l'Amérique du Nord, en particulier à General Motors, une part importante de son chiffre d'affaires annuel qui s'élève à environ 10 millions de francs. Cette acquisition correspond parfaitement aux attentes de Saia-Burgess qui prévoit une forte augmentation des ventes outre-Atlantique en raison de l'engouement pour les climatiseurs.

Ce rachat permet aussi au groupe suisse, dont près de la moitié de la production est livrée à l'industrie automobile, d'accroître sa position dans ce secteur et dans celui de l'industrie, conformément à ses options stratégiques. Lundi soir, le titre a gagné 6 francs, à 421 francs.