Le marché suisse des actions reste attractif en 2006. Même si la croissance sera moins forte qu'en 2005. L'indice SMI devrait atteindre 8200 points cette année. Telles sont les prévisions données vendredi à Zurich par la banque Sal. Oppenheim.

Dès cette année, l'établissement compte couvrir 100 titres des indices SMI et SPI, contre environ 70 l'an dernier. Les opportunités de croissance existent. «La valorisation du marché suisse des actions n'est pas chère quand on l'observe dans un contexte historique. Le ratio P/E, qui calcule le rapport entre valorisation boursière et bénéfices escomptés, atteint un multiple de 15,2 en 2006. Durant les quinze dernières années, celui-ci s'élevait en moyenne à 18,5. Le marché suisse est donc meilleur marché cette année», explique Rahul Sen Gupta, responsable de la recherche chez Sal. Oppenheim.

Partant de cette analyse, la banque helvétique privilégie différentes valeurs à l'achat et à la vente dans son étude intitulée Little Big Swiss still attractive. Trois d'entre elles font partie du SMI. «Clariant doit bénéficier des effets de sa restructuration. Par ailleurs, la société est sous-valorisée par rapport à Ciba SC, raison pour laquelle nous la recommandons», commente Rahul Sen Gupta.

Autre société prometteuse: Kudelski. Selon Rahul Sen Gupta, «la société vaudoise profitera du développement de la télévision numérique».

De son côté, Nestlé fait également partie des favoris. «Les marges de la multinationale vont croître cette année», ajoute l'analyste en chef.

EFG et SEZ surévalués

Parmi les petites et moyennes capitalisations boursières, Sal. Oppenheimer voit aussi diverses opportunités. Dans l'habillement, Charles Vögele a la cote. «La compagnie a commencé à récolter les fruits de sa nouvelle stratégie. Tous les marchés bénéficient du repositionnement du groupe», souligne Johannes Borner, responsable de la recherche sur les petites et moyennes capitalisations boursières de Sal. Oppenheim. Dans le secteur bancaire, LLB bénéficie d'une recommandation à l'achat. «La banque devrait enregistrer cette année un afflux d'argent frais supérieur à la moyenne. De plus, le titre n'est pas cher», souligne Johannes Borner. En revanche, EFG est recommandé à la vente en raison d'un cours trop élevé.

Au niveau de l'industrie helvétique, trois titres sont privilégiés. «Georg Fischer possède une bonne capacité d'innovation. Elle va lui permettre d'accélérer sa croissance», souligne Johannes Borner. Quant à Komax, société active dans l'électronique automobile, elle bénéficiera du développement de l'automatisation dans différents secteurs.

Autre entreprise recommandée: Rieter. La société active dans les industries textile et automobile est considérée par Johannes Borner comme sous-évaluée. Elle devrait par ailleurs bénéficier cette année d'un cycle favorable au textile. En revanche, la société de semi-conducteurs SEZ est recommandée à la vente. «Elle est passée d'un statut d'acteur de niche à un positionnement global. SEZ est soumise à une forte pression sur ses marges. Elle perd des parts de marché», conclut Johannes Borner.