Rémunérations

Les salaires des grands patrons rattrapés par ceux des groupes de taille moyenne

Les gains des patrons des 20 sociétés membres du SMI ont baissé en moyenne de 14% en 2016, mais ceux des sociétés de taille inférieure, de Logitech à Dufry ou Lindt & Sprüngli, ont augmenté de 11%, parfois en dépit d’une baisse de leurs bénéfices, selon HKP

Les rémunérations des patrons des 20 sociétés membres de l’indice boursier vedette SMI évoluent de plus en plus en parallèle avec les bénéfices. «Mais tel n’est pas encore le cas pour les sociétés de taille moyenne figurant au sein de l’indice SMIM», expliquait à la presse, vendredi à Zurich, Martin Pfändler, associé auprès du consultant HKP. Il en résulte, à son goût, «un phénomène de rattrapage» entre les deux catégories. La rémunération moyenne atteint 7,04 millions pour un patron du SMI contre 4,08 millions au sein du SMIM. D’ailleurs les cinq patrons les mieux payés du SMIM gagnent davantage que la moyenne obtenue par leurs homologues du SMI.

Hausse de la rémunération et baisse du bénéfice

La rémunération moyenne d’un patron du SMI a diminué de 13,8% en 2016 et le bénéfice de 19%. Elle a par contre augmenté de 11% au sein des membres du SMIM malgré une baisse de 8% du bénéfice. Par exemple, Luciano Gabriel, patron de PSP Swiss Property a obtenu une hausse de 6% alors que le bénéfice de sa société a baissé de 28%. La même divergence est observée pour Jörg Kneubühler, directeur général de Galenica. Ses gains augmentent de 23% alors que le bénéfice diminue de 19%.

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La composition de la rémunération permet de constater que la partie variable à long terme de la rémunération explique la nette hausse des revenus au sein des sociétés de taille moyenne et l’essentiel de la divergence avec les patrons des membres du SMI. Cette rémunération pluriannuelle en actions s’est accrue de 32,5% dans le SMIM et s’est réduite de 18,4% dans le SMI. Il faut savoir que la partie variable à long terme représente 56% de la rémunération du directeur général dans le SMI et 43% dans le SMIM.

Baisse des salaires de base

Les salaires de base en revanche ont diminué dans les deux catégories de sociétés, de 5,9% en moyenne pour les membres du SMI et de 5,4% celles du SMIM. Le bonus annuel moyen a baissé de 10,8% au sein du SMI et de 4,8% dans le SMIM.

Au classement des rémunérations du SMI, Severin Schwan (Roche) arrive en tête, avec 14,4 millions de francs au total, devant Sergio Ermotti (UBS), 13,4 millions, Tidjane Thiam (Credit Suisse) 11,2 millions, Joseph Jimenez (Novartis) 10,9 millions et Paul Bulcke (Nestlé) 9,5 millions.

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Le Top 5 des patrons du SMIM place en tête Ernst Tanner (Lindt & Sprüngli) avec 7,3 millions alors qu’il était en fonction jusqu’à fin septembre, devant Julian Diaz Gonzalez (Dufry) avec 7,1 millions, Bracken Darrell (Logitech) avec 7,05 millions, et Christoph Rubeli (Partners Group) avec 7,01 millions.

HKP constate un lien direct entre la taille des sociétés du SMI et la rémunération de leur patron, mais la corrélation est inexistante dans le cas du SMIM.

Hausse modérée à long terme

«Une analyse à long terme entre 2011 et 2016 permet de mettre en évidence la modération des rémunérations des chefs d’entreprise», déclare Michael Kramarsch, associé gérant de HKP. Les gains annuels des patrons se sont accrus en moyenne de 2,2% au sein du SMI et de 3,5% dans le SMIM. En moyenne des 20 membres du SMI, la rémunération atteint 7,04 millions de francs dans le SMI et 4,08 millions le SMIM.

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Les patrons suisses font partie des mieux payés sur le plan international, mais ils restent éloignés de leurs homologues américains. Le directeur de Nike (Mark Parker) gagne 45,8 millions de dollars (autant en francs), celui de Walt Disney (Robert Iger) 39,2 millions et la patronne d’IBM (Virginia Rometty) 30,9 millions.

Pas moins de 27 des 58 patrons du SMI et du SMIM obtiennent un salaire de base d’au moins 1 million de francs en 2016. Les 5 plus élevés sont ceux de Bernard Fornas (Richemont) 4,009 millions, Severin Schwan (Roche) 4 millions, Richard Lepeu (Richemont) 3,95 millions, Tidjane Thiam (Credit Suisse) 3 millions, Paul Bulcke (Nestlé) 2,5 millions.

Au moins 25 patrons ont gagné au moins 1 million de francs de bonus annuel (cash). Les 5 plus élevés sont ceux de Nick Hayek (Swatch) 2,808 millions, Richard Lepeu (Richemont), Bernard Fornas (Richemont) 2,8 millions, Mario Greco (Zurich) 2,6 millions, et Ulrich Spiesshofer (ABB) 2,583 millions.

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