PFS (Pension Fund Services), née en 2001, des trois institutions de prévoyance professionnelle* de SAirGroup, a traité plus de 16 000 dossiers depuis la débâcle du groupe. Ce fut un travail titanesque de démêler le deuxième pilier des ex-employés de SAirGroup et de ses nombreuses filiales. Six mille d'entre eux sont rentiers, le reste du personnel a dû de facto changer de caisse de retraite. La société PFS est devenue un fournisseur de prestations intégrales en matière de prévoyance. Cette nouvelle entité emploie, à Zurich, une cinquantaine de personnes et gère aujourd'hui les prestations d'une vingtaine d'entreprises. Elle est à la tête d'une fortune avoisinant les 5 milliards de francs.

PFS a aussi la charge de terminer, d'ici à la fin de cette année, la liquidation partielle de la caisse des employés de SAirGroup. Partielle, car elle doit toujours assurer le versement des rentes des retraités de Swissair. A la fin de cette procédure, elle devrait faire bénéficier les ex-employés du solde des réserves de la caisse de pension, dont le taux de couverture en ferait rêver plus d'un: 108%. La caisse de retraite de Swissair était l'une des meilleures en Suisse, comparée souvent à la Rolls-Royce des caisses de pension en Suisse.

La distribution du libre passage pour les ex-employés du groupe ne fut pas une mince affaire à mettre sur pied, chaque cas étant traité individuellement. Sans compter que certaines filiales de SAirGroup ont été vendues, comme Swissport cédée à Candover ou Atraxis à EDS. La caisse de retraite des repreneurs a reçu la part des fonds de libre passage qui revenait aux ex-employés du groupe. PFS a géré administrativement ces transactions en proposant aux caisses de pension des repreneurs d'accepter des parts de fonds de placement. Et cela pour éviter les frais induits par les commissions bancaires qui s'appliquent lors de transferts d'argent en liquide. Ni dans la loi ni dans l'ordonnance sur la prévoyance professionnelle, il n'est fait mention de la manière dont les caisses de pension doivent opérer ces transferts en cas de liquidation totale ou partielle. En outre, afin d'éviter des batailles autour du parc immobilier de SAirGroup, qui comprend une centaine de bâtiments, une fondation de placement a été créée. Elle permet un investissement collectif et facilite la redistribution aux caisses de pension.

Aujourd'hui, les employés de Swiss ont quatre caisses de pension différentes. Il n'y a pas eu une volonté d'harmoniser la gestion des retraites, trop de différences entre les deux philosophies de l'ex-Crossair et de l'ex-Swissair s'opposaient. Les employés de la direction de Swiss et les ex-pilotes de Crossair ont leurs avoirs gérés par Pendia, filiale de la Rentenanstalt/Swisslife. L'assureur était déjà le gestionnaire des avoirs des salariés de la compagnie bâloise. En revanche, le personnel de cabine et la caisse de pension des pilotes ex-Swissair sont gérés par PFS.

Rappelons qu'au moment de la fusion par absorption, les avoirs de la caisse de retraite de Crossair s'élevaient à entre 120 et 200 millions de francs. Les fonds des ex-employés de Swissair avoisinaient les 3 milliards de francs. Cette disparité s'explique simplement par la taille des deux entreprises et par la générosité des employeurs dans les prestations accordées. La Rentenanstalt/Swisslife accordait le minimum légal aux ex-employés de Crossair, alors que ceux de Swissair recevaient de meilleures prestations.

* La Caisse générale de prévoyance de Swissair, l'Assurance des cadres et les fonds de prévoyance du personnel volant de Swissair (VeF).