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Le sale business chinois des batteries électriques

Plus important marché au monde pour les véhicules verts, la Chine doit recycler une montagne de batteries. Cette industrie est pour l’heure dominée par un secteur informel très polluant

Economie, politique, société, culture, sport, sciences: les enjeux écologiques traversent toutes les strates de notre société. Comment passer de l’analyse à l’action? Quelle est la part de décisions individuelles et celles qui relèvent de choix politiques? Pourquoi la complexité du défi ne doit pas nous décourager?

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Les fumées toxiques s’échappant du sol étaient si agressives que les enquêteurs ont dû se relayer par tranches de vingt minutes. Ils enquêtaient sur une usine de Huaian, dans la province côtière du Jiangsu, spécialisée dans le recyclage de batteries électriques. Opérant dans l’illégalité, elle a fondu 15 000 tonnes de batteries usagées entre mars 2016 et septembre 2017, générant 10 millions de yuans (1,5 million de francs) de recettes. Le terrain et une rivière environnante sont désormais contaminés au plomb et à l’acide. Le nettoyage du site coûtera au moins 3 millions de francs, ont estimé des chercheurs de l’Université de Nanjing.

Ce genre de récit est devenu commun en Chine. Le pays possède en effet la plus importante flotte de véhicules électriques au monde. Ses routes hébergent 250 millions de scooters et vélos et trois millions de voitures électriques. A Shenzhen, la mégalopole du sud du pays, tous les bus sont électriques. En 2018, il s’y est vendu 1,2 million de voitures «vertes», contre 360 000 aux Etats-Unis, le deuxième plus grand marché. Soucieux de lutter contre le smog qui enveloppe ses villes, le gouvernement vise le chiffre de 7 millions d’ici à 2025.