Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Jean-Claude Bastos, patron de Quantum Global.
© Anita Lynn Baumann

Justice

Sale temps pour la société zougoise Quantum Global en Afrique

Le financier angolo-suisse Jean-Claude Bastos détient des intérêts divers en Angola – mines d’or, infrastructures, agriculture. Son étoile a pâli après le changement de pouvoir l’an dernier à Luanda

Les fonds du financier angolo-suisse Jean-Claude Bastos ont été gelés dimanche par les autorités mauriciennes. En effet, le patron du groupe zougois Quantum Global a maille à partir avec les autorités tant en Angola qu’à l’île Maurice. A Port-Louis, la capitale mauricienne, la Financial Services Commission a bloqué ses 25 comptes auprès de trois grandes banques pour un montant total de 150 millions de francs. Elle a aussi suspendu sept fonds gérés par la filiale QG Investments Africa Management domiciliée sur l’île, à la demande des autorités angolaises. En Angola même, le nom de Jean-Claude Bastos est mêlé à une enquête pour détournement de 500 millions de francs, conjointement avec José Filomeno dos Santos, fils de l’ancien président angolais.

Lire aussi: Jean-Claude Bastos, le Suisse qui gère les milliards de l’Angola

Contacté par Le Temps, Quantum Global, près de 600 employés en Suisse, n’a pas donné suite. En revanche, dans un communiqué publié lundi sur son site internet, la société dit avoir pris connaissance des informations sur la suspension de ses licences à Maurice. Elle s’est dite «prête à fournir les assurances afin de poursuivre ses activités». Le communiqué affirme que Quantum Global respecte les législations en Angola, à Maurice et en Suisse. Les fonds d’investissement suspendus sont domiciliés chez JurisTax Ltd, conseil en optimisation fiscale. Cette société mauricienne n’a pas non plus répondu au Temps.

L’un des gros investisseurs privés

En ce qui concerne le dossier angolais, Quantum Global s’est également expliquée par voie de communiqué. Elle a fait savoir le 4 avril qu’elle n’est pas partie prenante dans le détournement de fonds qui est actuellement sous enquête à Luanda. «Ni Quantum Global ni son fondateur [Jean-Claude Bastos] n’ont eu connaissance de cette transaction avant qu’elle ne soit rapportée par la presse, lit-on dans le communiqué. Le groupe n’a reçu aucune information officielle le mettant en cause de la part des autorités angolaises.»

En réalité, Jean-Claude Bastos est l’un des plus gros investisseurs privés en Angola, grâce à ses connexions directes avec José Filomeno dos Santos, dont le père a régné sans partage sur le pays durant trente-huit ans. En 2013, il avait nommé son fils à la tête d’un fonds souverain de 5 milliards de dollars, créé un an plus tôt. On retrouve là la société Quantum Global, qui a été chargée de sa gestion. Dans un portrait dressé en novembre dernier par Le Temps, le financier suisse disait qu’il travaillait avec José Filomeno dos Santos non pas parce qu’il était le fils du président, mais parce qu’il est une bonne personne.

Corruption

L’étoile de la famille dos Santos a pâli dès l’an dernier lorsque José Eduardo dos Santos s’est retiré de la présidence. Son successeur, João Lourenço, bien qu’il soit de la même famille politique, a juré de lutter contre la corruption qui gangrène le pays. Il a commencé par congédier Isabel, la fille du président sortant, de la présidence de la compagnie pétrolière nationale Sonangol.

Egalement déchu de la présidence du fonds souverain en janvier, le fils dos Santos est à présent frappé de l'interdiction de quitter le pays.

Et aussi: Isabel dos Santos éjectée de la compagnie pétrolière Sonangol

Publicité
Publicité

La dernière vidéo economie

«Nous tirons parti de la lumière pour améliorer le bien-être des gens»

Candidate au prix SUD de la start-up durable organisé par «Le Temps», la société Oculight est une spin-off de l’EPFL qui propose des aides à la décision dans l’architecture et la construction, aménagement des façades, ouvertures en toitures, choix du mobilier, aménagement des pièces, pour une utilisation intelligente de la lumière naturelle. Interview de sa cofondatrice Marilyne Andersen

«Nous tirons parti de la lumière pour améliorer le bien-être des gens»

n/a
© Gabioud Simon (gam)