«Les investisseurs privés sont plus sereins qu'en 2002.» Rencontré lors de la première édition du Salon romand de la finance, qui se tient mercredi et jeudi à Genève, Ingo Kellnar, directeur de la communication de Morningstar à Paris, souligne que le public ne s'affole pas et cherche à s'informer. Ce constat, le responsable de la société d'analyse de fonds de placement l'a fait sur plusieurs salons financiers.

Ce qui ne signifie pas que le public s'est pressé devant la cinquantaine de stands (800 visiteurs mercredi selon les organisateurs). «Les salons financiers rencontrent moins d'intérêt lorsque la bourse ne se porte pas bien», relève Olivier Ferrari, ancien administrateur de feu Investissima, organisé à Lausanne entre 1998 et 2005 puis à Genève en 2006. De plus, l'absence d'acteurs importants, comme UBS, Swisscanto ou la banque Migros, se fait sentir.

Pour Gregor Johner, partenaire de Bevag, la société organisatrice du salon, une des difficultés d'une telle rencontre à Genève vient aussi du poids de la gestion de fortune, une industrie discrète. La place zurichoise est beaucoup plus active dans les produits de détail. Selon Gregor Johner, la concurrence d'autres manifestations professionnelles, comme le Shorex Wealth Management Forum, qui se tiendra à Genève les 2 et 3 décembre et dont Le Temps est partenaire, n'est pas dommageable. «Cela crée une dynamique.»

Pendant de salons zurichois

Le Salon romand de la finance est le pendant de deux manifestations zurichoises, l'une dédiée aux fonds, également organisée par Bevag, et l'autre aux produits structurés. Le changement d'organisateur survient après une pause d'Investissima en 2007. Cette manifestation, dont les promoteurs étaient romands, avait vu sa fréquentation culminer en 2001 à environ 4500 visiteurs puis fondre de moitié avec le précédent krach boursier.

Une pause avait été décidée pour 2007. Et comme Bevag travaillait à son projet romand pour 2008, les organisateurs d'Investissima ont abandonné le leur. «La place financière romande a besoin d'un salon, mais un seul suffit», reconnaît Olivier Ferrari. Quant à l'organisation d'une deuxième édition du Salon romand de la finance, cela dépendra de la satisfaction et de l'intérêt des exposants, précise Gregor Johner.