«Il nous a manqué 6500 mètres carrés. Des constructeurs chinois intéressés à venir à Genève ont notamment dû être éconduits». Rolf Studer, directeur du Salon de l’auto, qui se tiendra du 3 au 13 mars à Palexpo, est très satisfait de l’affluence des industriels de l’automobile.

Le signe de la reprise du marché se manifeste concrètement à Genève, alors que General Motors a évité la faillite, que plusieurs constructeurs français ont entamé le remboursement des prêts accordés par l’Etat, et que Fiat commence à concrétiser son rêve américain avec Chrysler. «Jamais nous n’avons eu autant de demandes de location de surfaces», a relevé Rolf Studer, mardi lors d’une conférence de presse.

Le 81e Salon international de l’automobile attend entre 650 000 et 700 000 visiteurs et ses organisateurs s’inquiètent déjà de la forte affluence en fin de semaine. Les deux week-ends drainent 55% des visiteurs. Pour tenter de mieux répartir l’affluence, la direction du salon a décidé de réduire de moitié le prix du billet d’entrée dès 16 heures, tout en augmentant de 14 à 16 francs, le prix «normal».

260 exposants

L’édition 2011 attend 260 exposants et 700 marques provenant de 31 pays sur une surface nette de 80 000 m2. La direction de l’exposition annonce 119 premières mondiales et 51 premières européennes.

Ces chiffres regroupent tous les segments de marchés, y compris les carrossiers ou les équipementiers, et incluent de simples variations de modèles existants. Il arrive également que certaines «premières», comme la VW Tiguan à traction intégrale, soient déjà commercialisées, en l’occurrence en Allemagne depuis quelques semaines.

Les vrais nouveaux modèles présentés à Genève en première mondiale se comptent sur les doigts d’une, voire deux mains. Parmi eux, un modèle Ferrari à traction intégrale, la première Fiat issue de la collaboration avec Chrysler (véhicule tout terrain dérivé de la Dodge Journey), ou l’Opel Ampera, voiture qui permet de rouler jusqu’à 80 kilomètres en mode électrique pur, et doté d’une autonomie de 500 km avec le moteur à essence intégré.

Le vert en progression lente

Les voitures «vertes» disposeront d’un stand spécial où seront cette fois présents quelques grands constructeurs. Selon Max Nötzli, président d’Auto-suisse, organisation faîtière des importateurs, les véhicules dit alternatifs ne représenteront guère plus de 10% des ventes de voitures neuves à l’horizon 2020. «Cela correspondra à 30 000 ou 40 000 voitures. Le moteur conventionnel à combustion restera le principal mode de propulsion ces vingt à trente prochaines années», explique-t-il.

Le marché suisse sera en croissance cette année. Auto-suisse prévoit la vente de 300 000 voitures neuves, contre 294 240 en 2010 (+10,6% comparé à 2009). Le mois de janvier, en progression de 7,7%, confirme cette tendance. Les véhicules tout-terrain (SUV), très présents parmi les nouveaux modèles exposés à Genève, devraient maintenir une part de marché supérieure à 27% en Suisse.