L’effet waouh. Cette sensation d’être époustouflé à la vue de quelque chose de nouveau, cela fait bien longtemps qu’on ne la ressent plus à la vue d’un smartphone. Designs identiques, performances qui justifient à peine la mise à niveau… depuis quatre à cinq ans, les smartphones se suivent et se ressemblent.

Le Galaxy S8, nouveau fleuron de Samsung (que nous a prêté Digitec.ch), vient rompre avec cette monotonie. Il est commercialisé depuis le 28 avril. Coupons court au suspense, il s’agit déjà là d’un des meilleurs appareils de l’année et dont va à coup sûr s’inspirer la concurrence dans les années à venir. Heureusement pour le constructeur coréen, qui n’avait plus le droit à l’erreur après le fiasco des Galaxy Note 7 rappelés pour leurs batteries à tendance explosive.

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Un écran infini

Nommé Infinity Screen, l’écran du Galaxy S8 recouvre environ 83% de la surface avant de l’appareil, réduisant les bords à de minuscules bandelettes noires vite oubliées. A titre de comparaison, l’iPhone 7 peine à atteindre les 67%. Au-delà des chiffres, il faut tenir le S8 en main pour comprendre. Ce n’est plus un smartphone, mais un écran. Ce n’est plus le présent, mais le futur. C’est une telle réussite que revenir sur un iPhone 7 ou un Nexus 6P fait passer ces deux appareils pourtant récents pour d’ignobles verrues balourdes.

Corollaire de ces bords ultra fins, le S8 embarque des écrans spacieux (5,8 ou 6,2 pouces pour la version S8 +) tout en étant moins encombrant que ses concurrents, ce qui rend sa prise en main particulièrement confortable. Comparé à un iPhone 7 Plus, le S8 offre ainsi un écran plus grand alors que la largeur du téléphone est inférieure de 9,8 mm!

Le capteur d’empreinte gâche la fête

Samsung s’acheminait tranquillement vers un design sans faute, et puis a gâché la fête avec deux erreurs grossières. La première concerne le capteur d’empreinte digitales, bien trop petit et placé beaucoup trop près du capteur photo, si bien qu’il devient vite inutilisable. Il reste, pour déverrouiller son téléphone, la reconnaissance faciale (rapide mais peu sécurisée), le scanner d’iris (aux performances aléatoires) ou les rébarbatifs codes et schémas.

Autre écueil, les boutons physiques situés sur la tranche du téléphone. Les réglages du volume sont placés bien trop haut et exigent une gymnastique des doigts pour les atteindre. On presse ainsi invariablement un autre bouton, situé juste en dessous, dédié pour sa part à Bixby, l’assistant-maison de Samsung. Verre oblige, la face arrière a tendance à garder les traces de doigts surtout sur les coloris sombres.

Le Galaxy S8 a également fait table rase de son énorme bouton physique sous l’écran. Se pliant semble-t-il aux recommandations émises par Google, il intègre les boutons de navigation (précédent, home, et menu) directement dans la surface tactile, cette dernière étant sensible à la pression comme chez Apple.

Les amateurs de photos seront comblés avec le Galaxy S8, qui embarque le même appareil que celui du Galaxy S7 son prédécesseur. Performant, surtout en macro, il se montre toutefois un peu en retrait en paysages. Les 12 mégapixels du capteur en sont sans doute responsables.

Bluetooth 5.0 et Galileo

D’autres nouveautés sont plutôt passées inaperçues, mais elles méritent d’être évoquées. Ainsi, le Galaxy S8 est le premier smartphone compatible avec le Bluetooth 5.0, qui permet une portée quadruplée et un débit double par rapport à la norme précédente. Malheureusement, n’ayant pas encore de périphérique compatible sous la main, nous n’avons pu tester cette fonctionnalité.

Autre compatibilité intéressante, le système de positionnement du S8 est compatible avec Galileo, l’équivalent européen du GPS. Notons enfin que le S8 peut être immergé à 1,5 m de profondeur durant 30 minutes, répondant à la norme IP68.

Touchwiz moins envahissant

La partie logicielle du Galaxy S8 a elle aussi droit à quelques nouveautés bienvenues. Mauvaise nouvelle, TouchWiz, la surcouche maison est toujours de la partie avec sa flopée d’applications totalement inutiles et faisant double emploi avec la plupart des applications de Google. Bonne nouvelle, on peut cette fois toutes les désinstaller sans problème, ce que l’on a tôt fait de faire.

Reste ainsi un système qui se rapproche d’une expérience Android pure, avec quelques fonctionnalités mineures fort intéressantes. Un mode One-Handed, déjà présent sur les Galaxy précédents, permet de réduire à la volée la taille de l’écran, très pratique lorsque la deuxième main est prise. Avec Scroll Capture, les captures d’écran sont élargies au-delà des limites de l’écran. C’est très efficace pour les sites web ou certaines applications, qui nécessitent souvent de longues et fastidieuses captures d’écran successives.

Citons aussi Smart Select, qui autorise la création de GIFs animés en traçant simplement un rectangle par-dessus une vidéo en cours de lecture: tout simplement génial. Une telle fonctionnalité apportée par Touchwiz manque cruellement à Android, il serait judicieux de la part de Google de s’en inspirer.

D’autres sont plus anecdotiques, tels Bixby, l’assistant dopé à l’intelligence artificielle, qui demeure à des années-lumière en deçà de celui de Google. Celui-ci propose des «cartes», sortes d’informations contextuelles censées être pertinentes, mais en pratique son intérêt est quasi nul, alors que Google est capable de nous prévenir en avance de retards de train, d’embouteillages ou d’autres informations précieuses.

Mais il faut bien conclure sur une impression générale. Oui, le Galaxy S8 est un excellent smartphone qui amène un grand bol d’air frais à des appareils qui en avaient grand besoin. Oui, quelques maladresses de design ternissent le tableau, sans toutefois gâcher l’expérience. Mais le S8 reste malgré tout le choix incontournable pour qui cherche à s’offrir un smartphone premium en 2017. A 800 francs, tel est le prix de l’effet waouh.