Technologie

Samsung Pay s’attaque à Twint et Apple

La multinationale sud-coréenne lancera le 23 mai son service de paiement via smartphone en Suisse. Il concurrencera Apple Pay, mais aussi la solution helvétique Twint, dont la version finale est désormais imminente

Un troisième acteur se profile sur le nouveau marché suisse du paiement par smartphone. Jeudi, Samsung a annoncé qu’il lancera son service Pay le 23 mai prochain. Il rejoint ainsi Apple, actif sur le marché helvétique depuis juillet 2016. Mais aussi Twint, la solution élaborée par UBS, Swisscom, des banques cantonales ou encore Coop, dont une nouvelle version sera lancée ces prochains jours. Il ne manque ainsi, en Suisse, que la solution Android Pay de Google.

Samsung Pay est similaire à Apple Pay. Son but: éviter de devoir sortir sa carte de crédit lors d’un achat dans un magasin physique ou en ligne. Et utiliser ainsi plutôt son smartphone, en le présentant à côté d’un terminal de paiement. Le consommateur doit enregistrer une seule fois les données de sa carte de crédit (Visa ou MasterCard) dans le téléphone. Ensuite, c’est ce dernier qui fait office de carte de crédit. Apple Pay ne fonctionne que sur des iPhones récents et il en va de même pour Samsung Pay, utilisable sur ses modèles S8 (en vente dès ce vendredi en Suisse), S7, S6, A3 et A5.

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Sur tous les terminaux

Samsung a un avantage sur son concurrent américain: son service fonctionne avec davantage de terminaux de paiement. Apple Pay n’est utilisable que sur les appareils munis d’une puce NFC (avec le logo des trois petites ondes), permettant de communiquer sans fil avec le téléphone. Samsung Pay fonctionne aussi avec les terminaux plus anciens équipés de la technologie Magnetic Secure Transmission (MST). «Il est ainsi possible de payer dans tous les terminaux de Suisse, à part dans certains parkings ou stations-service», promet Samsung. Et avec un niveau de sécurité égal, assure le groupe sud-coréen.

Les transactions peuvent être validées, sur le téléphone, via un code, une empreinte digitale ou une reconnaissance de l’iris de l’œil (sur le modèle S8). Comme Apple, Samsung ne fixe pas de limite par transaction. Et comme son concurrent, le groupe sud-coréen ne débute qu’avec des émetteurs de cartes de crédit de seconde zone en Suisse: Bonus Card, Cornèrcard et Swissbankers (cartes prépayées). Ni Viseca, ni UBS, qui dominent le marché suisse, ne veulent travailler avec Apple et Samsung. Et pour cause: ils travaillent déjà sur le projet suisse concurrent Twint. «Nous espérons que d’autres émetteurs de cartes nous rejoindront», glisse une responsable de Samsung. A court terme, cela semble peu probable.

Fusion bientôt achevée

Alors que ses concurrents étrangers arrivent, Twint se prépare. Ces derniers jours, UBS et la Banque cantonale de Zurich ont intégré la nouvelle version du service dans leur propre application de paiement. Credit Suisse, la Banque cantonale vaudoise ou encore Raiffeisen et Postfinance suivront d’ici juin. Pour mémoire, les deux services concurrents suisses Paymit et Twint ont annoncé leur fusion en 2016. Ils offraient des services comparables: Paymit était davantage axé sur les versements entre amis et Twint sur le paiement dans les magasins, notamment les succursales de Coop.

Aujourd’hui, Twint est en cours d’intégration par trente banques et est utilisable dans environ 25 000 points de vente en Suisse, équipés d’un terminal spécial. Twint, qui utilise la technologie sans fil Bluetooth, est donc disponible dans moins de points de vente que ne l’est Apple Pay, et moins encore que Samsung Pay. Ces deux services fonctionnent à l’étranger, ce qui n’est pas le cas pour Twint. Mais ce dernier tourne, via une application, sur les téléphones de toutes marques. Aujourd’hui, Apple détient environ 50% du marché suisse des smartphones, Samsung 30 à 40%. Enfin, Twint sera le premier à intégrer des services de coupons et de cartes de fidélité.

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