Plus de 22 milliards de dollars de capitalisation boursière envolés, avec une action en chute de 11% en deux jours, dont 7% lundi: Samsung souffre de plus en plus à cause de l’affaire de smartphones qui explosent. Plusieurs exemplaires du modèle Galaxy Note 7 ont pris feu ces derniers jours, contraignant le groupe sud-coréen à rappeler 2,5 millions d’exemplaires vendus au niveau mondial. Ce téléphone n’a pas été mis en vente officiellement en Suisse.

L’affaire est d’autant plus importante qu’elle concerne le numéro un incontesté du marché des smartphones. Samsung détient une part mondiale de 22,3%, selon la société de recherche Gartner, loin devant les 12,9% d’Apple et les 8,9% du chinois Huawei. En progression de 0,5 point en l’espace d’un an, Samsung nourrissait de grandes ambitions pour le modèle Galaxy Note 7. Doté d’un écran géant, avec une diagonale mesurant 14,25 centimètres, d’un scanner d’iris permettant de le déverrouiller avec les yeux, le smartphone avait notamment pour mission d’aider le groupe sud-coréen à démocratiser son service Samsung Pay. Présenté le 2 août et en vente quelques jours plus tard dans dix pays, le smartphone devait aussi occuper le terrain avant le lancement, ce vendredi 16 septembre de l’iPhone 7 d’Apple.

Précommandes en Suisse

Mais une vingtaine de cas de Galaxy Note 7 ayant pris feu, voire ayant explosé, ont mis à mal les ambitions de Samsung. De la destruction d’une jeep aux blessures d’un enfant aux Etats-Unis, le groupe a été contraint de lancer une première campagne de rappel le 2 septembre. Avant de rappeler, huit jours plus tard, de manière plus ferme les utilisateurs en leur enjoignant d’éteindre l’appareil et de le rapporter pour un échange. La Suisse n’est concernée que de manière marginale, puisque le smartphone, qui aurait dû être commercialisé le 25 août, n’a jamais été mis en vente. Mais il est possible que via des précommandes, des clients aient été servis, affirme Samsung, qui leur demande là aussi de rapporter les modèles aux points de vente.

«Cauchemar»

Ces dernières heures, plusieurs compagnies aériennes, de KLM à Delta Air Lines, ont interdit à leurs passagers d’allumer ce smartphone ou de le mettre en soute. «Le cauchemar de Samsung devient pire encore. Il est possible que des compagnies, plutôt que d’isoler le Note 7, décident de bannir tous les téléphones de Samsung, vu qu’il est très difficile de différencier les modèles. Si cela devait se produire, l’ensemble du portfolio de Samsung serait touché», affirmait récemment un analyste d’IDC à Bloomberg.

Selon les analystes, l’affaire devrait coûter près d’un milliard de francs à Samsung. Lors du dernier trimestre, son bénéfice net s’était établi à 5,1 milliards de francs. La division de téléphonie représente la plus grande part du chiffre d’affaires du groupe. Samsung devait vendre 12 à 15 millions de modèles Note 7 lors des troisième et quatrième trimestres 2016. Selon les analystes, les ventes de la version corrigée du smartphone ne dépasseront pas les 6 millions d’unités cette année.


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