Métal

Les sanctions américaines font exploser le prix de l’aluminium

Par crainte de représailles, les acheteurs ne veulent plus s’approvisionner auprès de Rusal, le géant russe des métaux, dont le patron, Oleg Deripaska, se trouve dans le collimateur de Washington

L’aluminium, ce métal omniprésent dans notre vie quotidienne, est attaqué de toutes parts. Lundi, la tonne se vendait à 2385 dollars sur le London Metal Exchange, en hausse de 2,8% par rapport à vendredi. La semaine dernière, elle avait même renchéri de 12%, atteignant mercredi son plus haut niveau depuis l’été 2011, à 2994 dollars.

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Pourquoi? Les acheteurs craignent une baisse de l’offre. Depuis la semaine dernière, les Etats-Unis ont sanctionné une vingtaine d’oligarques russes pour ingérence dans la dernière présidentielle américaine, dont Oleg Deripaska, le magnat russe de l’aluminium et principal actionnaire de la compagnie russe Rusal. Cette société en est le troisième producteur mondial, derrière la chinoise Chalco et l’américaine Rio Tinto.

Le métal le plus utilisé après le fer

Dès lors, selon l’agence américaine Bloomberg, les clients de Rusal ne veulent plus prendre livraison de leur commande et encore moins en passer des nouvelles, de peur d’être sanctionnés à leur tour par les autorités américaines. Ainsi, c’est toute la production russe qui ne viendrait pas alimenter le marché, créant une «pénurie artificielle».

La demande de l’aluminium, elle, ne va pas tarir. Le métal – le plus utilisé après le fer, grâce à sa légèreté et à sa bonne conductivité électrique – constitue un composant essentiel dans les transports (avion, automobile), l’emballage (canettes de boisson, barquettes pour nourriture), la construction (portes, fenêtres, gouttières), les biens de consommation (appareils ménagers, ustensiles de cuisine) et l’énergie (fil électrique). D’après l’agence de presse Bloomberg, les gros acheteurs se tournent déjà vers d’autres fournisseurs sans savoir si ces derniers disposent des capacités de production en réserve.

Acheteurs américains désavantagés

Le prix devrait redescendre dès que les producteurs seront en mesure de combler le vide laissé par Rusal. «Nous pensons qu’à long terme, l’impact ne devrait pas être aussi sévère que certains le craignent», ont relativisé les analystes de Capital Economics, un bureau de conseil à Londres, tout en reconnaissant que des perturbations majeures à court terme sont inévitables.

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Force est de constater que les acheteurs américains seront désavantagés par rapport à l’aluminium chinois. Pour cause, l’administration Trump a imposé une surtaxe de 10% sur les importations en provenance de la Chine. Cette mesure a été annoncée il y a trois semaines et doit encore entrer en vigueur. Ils pourront toutefois s’approvisionner auprès des fournisseurs européens, canadiens et mexicains, qui ont été exemptés de la surtaxe américaine.

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