Après le covid, l’ARN messager (ARNm) pourrait permettre de traiter la grippe. Ce mardi, le groupe pharmaceutique français Sanofi a annoncé le début d’essais cliniques d’un vaccin s’appuyant sur cette méthode. Le laboratoire et son partenaire américain, la jeune pousse Translate Bio, «ont débuté un essai clinique de phase I en vue d’évaluer un vaccin à ARN messager expérimental contre la grippe saisonnière», a indiqué le groupe dans un communiqué.

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Cette technologie fait l’objet de recherches depuis plusieurs dizaines années dans différents domaines de la santé. Mais la pandémie lui a permis de faire ses preuves dans le cadre de la vaccination contre le covid, ouvrant la voie au lancement de différents projets de traitements. Les vaccins développés par Pfizer et Moderna, parmi les premiers mis sur le marché, s’appuient sur l’ARNm synthétique. Plutôt que d’injecter une version inactivée du virus ou des protéines issues de la coque protectrice du virus, ces vaccins consistent à administrer une suite d’acides ribonucléiques copiant le code génétique d’une protéine virale, l’ARNm, synthétisée en laboratoire.

Alors que Sanofi, en partenariat avec Translate Bio, travaille encore sur son vaccin contre le covid utilisant cette méthode (les résultats des essais cliniques sont attendus en fin d’année), le succès de ses concurrents lui permet d’envisager l’utilisation de l’ARNm dans d’autres cas de figure. «L’actuelle pandémie nous a permis de constater combien la technologie de l’ARN messager était prometteuse et nous allons à présent chercher à l’étendre à des vaccins annuels choisis», estime dans un communiqué Jean-François Toussaint, responsable recherche et développement de Sanofi.

L’ARNm contre le cancer

Mais la grippe n’est pas la seule maladie que les firmes pharmaceutiques espèrent traiter avec l’ARNm. Son utilisation pour la vaccination contre le covid a aussi permis de relancer l’intérêt pour la recherche sur cette technologie, notamment de le domaine du traitement des cancers. Vendredi dernier, la firme allemande BioNTech a annoncé avoir entamé la phase II des essais cliniques de son vaccin destiné à traiter des mélanomes (cancer de la peau).

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En partenariat avec Pfizer, BioNTech a développé un des premiers vaccins contre le covid, mais son domaine de recherche initial est le développement d’immunothérapies contre le cancer. Cette nouvelle étape doit permettre d’évaluer l’efficacité, l’innocuité et la tolérance du vaccin administré en combinaison avec un anticorps monoclonal à 120 patients souffrant de mélanomes à des stades avancés.

Au total, le laboratoire travaille actuellement sur 13 projets utilisant l’ARNm pour traiter divers cancers. Mais il n’est pas le seul à miser sur cette technologie, et ses retombées économiques. Autre entreprise ayant émergée avec la pandémie, la firme américaine Moderna travaille sur d’autres traitements à base d’ARNm destinés notamment à lutter contre le virus Zika ou le chikungunya.