Sanofi-Aventis et Genzyme sont proches d’un accord pour l’achat de la société américaine de biotechnologie par le groupe pharmaceutique français mais la finalisation de la transaction prend plus de temps que prévu, a affirmé dimanche le Wall Street Journal.

«Sanofi-Aventis se donne plus de temps que prévu pour l’audit préalable afin de formuler son offre d’acquisition de Genzyme mais les entreprises sont confiantes dans leur capacité à boucler un accord en début de semaine», écrit le quotidien américain, qui cite des sources proches du dossier.

Annonce imminente

Le WSJ souligne que le laboratoire français espérait faire une annonce ce matin, mais l’évaluation des comptes de Genzyme et de ses usines prennent plus de temps que prévu.Les conseils d’administration des deux groupes étaient réunis dimanche pour faire le point sur leurs discussions mais aucun vote n’était programmé, ajoute le journal sur la foi de ces mêmes sources.

Interrogé par l’AFP, un porte-parole de Sanofi, Jean-Marc Podvin, a déclaré: «Comme nous l’avons déjà dit, nous avons signé un accord de confidentialité avec Genzyme. Et nous poursuivons l’examen de certaines informations non publiques. Nous ne faisons strictement aucun autre commentaire». Le 31 janvier, Genzyme avait annoncé «un accord de confidentialité avec Sanofi-Aventis pour lui permettre de mener un audit préalable» à une éventuelle transaction et ouvrant la voie à des discussions après des mois de blocage.

Selon le WSJ, Sanofi-Aventis, numéro un en Europe, a relevé son offre à 74 dollars par action, un montant valorisant Genzyme à un peu plus de 19 milliards de dollars. En août 2010, Genzyme avait rejeté une offre amicale de rachat par Sanofi-Aventis, conduisant le laboratoire français à lancer le 4 octobre une offre publique d’achat (OPA) hostile sur l’américain à un prix de 69 dollars par action, soit 18,5 milliards de dollars pour l’ensemble du capital.

Jugeant ce montant sous-évalué, la direction de Genzyme avait appelé ses actionnaires à la rejeter, ce qui n’empêche pas les deux groupes de discuter depuis. Le 24 janvier, Sanofi-Aventis avait annoncé qu’il prolongeait son offre, à prix inchangé, jusqu’au 15 février. Pour le groupe français, qui doit faire face à un tarissement de ses nouveaux produits dans le domaine des médicaments traditionnels, la prise de Genzyme présente un intérêt stratégique en terme de développement vers des médicaments basés sur la biotechnologie.

Chef de file en biotechnologie

Genzyme s’est en effet imposé en trente ans comme un des chefs de file du secteur des biotechnologies, d’où proviennent désormais la plupart des grandes innovations thérapeutiques. Créé en 1981, Genzyme s’est fait une spécialité dans les domaines de la santé «personnalisée» par traitement génétique, de l’endocrinologie, de l’hématologie et de la lutte contre le cancer, du traitement des maladies rénales, et de la biochirurgie.

C’est aujourd’hui une société diversifiée d’environ 10 000 salariés implantés dans le monde entier. Il a consacré 804 millions de dollars à la recherche et au développement en 2009, où ses ventes ont atteint 4,5 milliards de dollars.

En France, un tel rapprochement suscite toutefois l’inquiétude. «Les conséquences sociales vont être difficiles. Nous redoutons de nouvelles suppressions de poste», a ainsi déclaré un porte-parole du syndicat CGT, s’interrogeant sur les activités redondantes.Sanofi-Aventis doit publier ses résultats annuels mercredi. En 2009, il avait dégagé un bénéfice net de 5,26 milliards d’euros sur un chiffre d’affaires de 29,3 milliards.