Alors que les banques tombent comme des mouches, le 1er groupe bancaire espagnol fait son marché et poursuit son internationalisation. Au Royaume-Uni, Santander a racheté ces dernières semaines le réseau d'agences de Bradford & Bingley et Alliance & Leicaster, qui viendront renforcer sa filiale Abbey National, acquise en 2004. Aux Etats-Unis, le 2e groupe bancaire européen par sa capitalisation boursière a repris la dernière grande caisse d'épargne encore en activité, Sovereign.

Depuis 2004, le groupe est en croissance. Au 1er semestre, les revenus ont augmenté de 25,6% à 8,85 milliards d'euros et le bénéfice net de 22,2% à 4,99 milliards.

Certes, le marché domestique de Santander, l'Espagne, connaît les affres de l'éclatement d'une bulle immobilière. «Mais son premier débouché est l'Amérique latine», souligne Rainer Skierka, analyste à la Banque Sarasin. Cette région compte pour 51% des revenus, contre 41% pour l'Espagne et 8% pour le Royaume-Uni. De plus le groupe espagnol n'a pas été touché directement par la crise des subprime aux Etats-Unis.

Il reste que le marché n'est pas enthousiaste: le titre a cédé 37,7% depuis le début de l'année. En outre Santander a un défaut: 45% de ses crédits sont refinancés par les marchés des capitaux et non par l'épargne, plus stable et souvent moins chère. Dans un marché mondial du crédit au bord de l'implosion, il s'agit d'une variable à surveiller.