Bioinformatique

Saphetor va lancer un Google pour généticiens

La start-up lausannoise développe des algorithmes qui facilitent l’interprétation des données brutes issues du séquençage génétique. Elle a déjà signé des accords avec le CHUV et les HUG

Après avoir conclu un accord avec le département d’endocrinologie, de diabète et métabolisme du CHUV au printemps dernier, la start-up lausannoise Saphetor, spécialiste du big data, a signé en septembre un accord avec le service de médecine génétique des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG).

En outre, elle lancera le 18 octobre, à l’occasion d’une conférence de l’American Society of Human Genetics à Vancouver, la plateforme varsome.com, une sorte de Google pour généticiens. «Nous voulons leur permettre de partager leurs informations afin d’améliorer l’interprétation des mutations génétiques. Une entrée dans notre moteur de recherche interroge aujourd’hui déjà 18 milliards de données d’informations génétiques, explique Andreas Massouras, le fondateur de Saphetor. Nous souhaitons y intégrer différentes données issues des milieux académiques ou privés et permettre aux utilisateurs d’y accéder en un seul clic.»

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Des algorithmes qui analysent tout le génome

Créée en 2014, Saphetor développe des algorithmes de bioinformatique qui analysent non pas quelques gènes mais tout le génome. Sa technologie permet l’interprétation des données brutes issues du séquençage génétique. «Elles sont ainsi plus facilement interprétables par les généticiens ou les oncologues, ce qui permet de gagner du temps et facilite leur pratique au quotidien. Le patient peut, par exemple, connaître rapidement quelles sont les mutations génétiques liées à une tumeur. La plateforme aide les professionnels de la santé à proposer aux patients des traitements ciblés s’ils existent, ce qui est de plus en plus le cas», affirme Andreas Massouras qui a démarré la commercialisation de ses algorithmes il y a un an et demi seulement. Une dizaine de laboratoires privés mais aussi de laboratoires de recherche, en Europe et aux Etats-Unis, ont déjà opté pour la solution de la start-up romande.

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«Nous tenons à collaborer exclusivement avec des professionnels, capables d’interpréter et communiquer correctement les résultats d’un séquençage», dit Andreas Massouras, un bioinformaticien de 47 ans, qui a travaillé seize ans dans la finance avant d’effectuer un doctorat en génétique à l’EPFL. «Ces deux univers ne sont pas si différents. Ils sont confrontés à l’obligation d’intégrer, tous deux, une importante masse de données.»

La start-up compte une dizaine de collaborateurs, basés sur le campus de l’EPFL. Elle prévoit de renforcer ses effectifs. Saphetor a déjà pu lever 1,7 million de francs, grâce notamment à la Fondation pour l’innovation technologique (FIT). Elle prévoit de réaliser un nouveau tour de financement pour se donner les moyens d’accroître son développement à l’international.

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