Encore une mauvaise nouvelle dans le domaine bancaire. Sarasin, détenue à 28% par le néerlandais Rabobank, annonce la suppression de 100 postes à plein temps, dont la moitié en Suisse. En août, l'établissement bâlois avait déjà informé d'une mesure similaire. Au total, c'est environ 15% de la force de travail qui disparaît, soit davantage que chez Lombard Odier Darier Hentsch (plus de 10% des effectifs) ou chez Julius Bär (10%). Mais rien n'assure que ces dernières, et plus largement les banques qui ont déjà prévu des coupes, ne continuent sur leur lancée si l'activité financière ne se redresse pas. Pourquoi Sarasin a-t-elle procédé en deux temps? «La première restructuration était liée au rapprochement avec Rabobank. La seconde est redevable à l'état des marchés», constate comme une évidence Benedikt Gratzl, chef de la communication. Cette deuxième vague doit intervenir dans les six prochains mois, avec l'aide des départs naturels. Pour les autres, un plan social a déjà été conclu. Après quoi, la banque comptera environ 1150 collaborateurs.

Il faut remarquer, outre les mauvais résultats du premier semestre, que le ratio coût/revenus est exagérément élevé chez Sarasin. Si l'on tient compte des charges en lien avec la vente d'une partie du capital à Rabobank, il s'élève entre 83 et 91%. Hormis ces éléments exceptionnels, il retombe à 76%, ce qui reste important: en 2000, il n'était que de 58%. Dans ces coûts, le personnel pèse lourd, environ les 2/3 du total. La banque désire parvenir à un certain niveau de ratio qu'elle ne communique pas. Tout ce qu'elle consent à dire, c'est que le budget pour 2003 contiendra aussi des mesures d'économies, d'ordre matériel cette fois.

Comme le soulignait Chris-toph Ritschard, analyste à la Banque Cantonale de Zurich, le marché a salué l'annonce faite jeudi. Le titre gagnait 2% en milieu de journée, à 1530 francs avant de revenir à son niveau de la veille, dans un marché baissier. En début d'année, il valait encore plus de 3500 francs. L'analyste de la BCZ estime que la valeur réelle de l'action est supérieure au cours actuel.