Transports

Saturation annoncée des aéroports de Genève et de Zurich

La Confédération anticipe une croissance massive du trafic aérien ces quinze prochaines années. Les deux plus grands tarmacs du pays devraient atteindre leurs limites de capacité vers 2030. Le rail et la route ont encore de la marge

Dans son rapport «Perspectives du développement du transport 2040», publié fin août, le Département fédéral du développement territorial évalue notamment la croissance des plateformes aéroportuaires du pays. Zurich devrait ainsi atteindre les 45,8 millions de passagers à l’horizon 2040, soit une progression de 46% par rapport à 2013. Alors que Genève est appelé à accueillir 25,3 millions d’usagers (+43,5%). Une augmentation sensible du trafic de passagers, qui pourrait se traduire à Bâle par une hausse de plus de 76% de la clientèle, de près de 17% à Berne et de 28% à Lugano.

Bilan: Genève et Zurich, soit les deux plus grandes structures aéroportuaires de Suisse, sont déjà appelées à saturer dans moins de 14 ans. «Ces deux plateformes vont buter dès 2030 contre leurs limites de capacité, ce qui rendra leur exploitation difficile, sachant que les défis rencontrés en termes de développement de leurs infrastructures», précise, en substance, la Confédération.

Dans son rapport, la Confédération calcule également les taux de fréquentation à venir des autres moyens de transport. Selon elle, l’évolution du trafic jusqu’en 2040 présage de «nettement plus» de personnes et de marchandises sur la route, ainsi que sur le rail. De nouveaux aménagements seront nécessaires pour faire face à cette croissance: +39% de produits transportés à l’intérieur du pays (volume surtout lié au secteur de la construction), +35% de biens exportés et +20% importés.

Mobilité dopée par les retraités

Le tout, principalement en voiture ou en camion (plus de 82% de parts de marché), dont l’utilisation est annoncée en hausse de 39%. Mais aussi le train (14,2% de tous les volumes transportés), dont la fréquentation est appelée à augmenter de 40%.

S’agissant des buts de voyage, la Confédération annonce que le trafic pendulaire (en hausse de 16%) affichera une moindre progression ces 24 prochaines années que les trafics d’achat (+38%) et de loisir (+32%). La raison: la part croissante de la population retraitée par rapport à celle active. «Or, les plus de 65 ans, grâce à l'amélioration de leur santé et à l’optimisation de l’offre de transports, vont effectuer davantage de trajets quotidiens qu’aujourd’hui. Le fait que le trafic de loisir ne progresse pas davantage est en premier lieu dû au ralentissement de l’évolution des revenus et à l’augmentation des coûts liés à la mobilité», conclut la Confédération.

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