C’est un bouillon aussi important que discret qu’a connu la place financière suisse le 22 septembre. Alors que l’entrée en vigueur de l’échange automatique n’est prévue que pour 2017, on apprenait que les Pays-Bas avaient envoyé à Berne une demande groupée d’informations concernant certains de ses contribuables. Sans les nommer. Des clients hollandais qui disposaient d’un compte (non-déclaré?) au sein d’UBS entre début 2013 et fin 2014.

Si la recette n’est pas nouvelle – les Américains avaient fait de même en 2007 lors de l’accord avec UBS – c’est la première fois néanmoins qu’elle est appliquée dans le cadre de la nouvelle loi suisse. Au plus grand désarroi de juristes qui s’étonnent de la complaisance des autorités helvétiques.

Alors on peut se demander pourquoi les autorités bataves, dont les ressortissants, on l’imagine, ne figurent pas parmi les plus grands fraudeurs en Suisse, sont les premières à l’avoir remis au goût du jour? Voulaient-elles se venger du rachat prématuré de leurs banques privées à peine la mort du secret bancaire annoncée (ING et ABN Amro ont été englouties par Julius Baer et l’UBP en 2009 et 2011)? Peu importe: la sauce hollandaise risque bien de donner des idées à d’autres, à commencer par un certain Monsieur Hollande.

Pour le savoir, il conviendra de lire attentivement la Feuille fédérale (et non pas de choux) ces prochains mois puisque c’est dans ses pages que l’on verra si la recette a fait des émules. Et si les carottes sont définitivement cuites pour ceux qui pensaient encore pouvoir cacher leur argent non-déclaré dans les marmites suisses.