Droit

«Pour sauver le secret bancaire, Berne doit renoncer à sa stratégie du réduit national»

Deux professeurs de l’Université de Genève ripostent à l’attaque américaine

Ils le disent depuis plusieurs années. Peut-être seront-ils entendus maintenant?

En 2006, Philippe Braillard et Henri Schwamm ont publié un livre (Place financière suisse, l’autre stratégie) dans lequel ils dénoncent la passivité avec laquelle la Suisse défend son secret bancaire. Cette semaine, l’accord trouvé entre UBS et le fisc américain, avec l’autorisation du Conseil fédéral, a démontré que l’Etat de droit pouvait être violé, même en Suisse. Depuis, la pression américaine redouble puisqu’un jour plus tard la justice américaine a demandé à la banque de lui fournir non plus 20 000 mais 52 000 noms de clients ayant des comptes en Suisse.

«Pour sauver le secret bancaire, Berne doit renoncer à sa stratégie du réduit national», expliquent au Temps les deux professeurs de l’Université de Genève, le premier en relations internationales et le second en économie, à titre honoraire. Pour l’instant, la Suisse suit une ligne de repli passif, qui est un échec.

Observatoire international

Selon Philippe Braillard et Henri Schwamm, la Suisse doit adopter une stratégie «proactive» pour s’assurer que, si elle doit céder une partie de son secret bancaire, elle obtienne en échange quelque chose des places concurrentes. Ils proposent une concertation internationale pour placer les acteurs sur un même terrain de jeu. Ils suggèrent encore la création d’un observatoire des conditions de fonctionnement des places financières.

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