Genève

Sauvetage de la BCGE: «La perte de l’Etat sera compensée dans quelques années»

Après l’invalidation de l’initiative populaire qui voulait qu’elle rembourse 3,2 milliards de francs à l’Etat, la Banque cantonale de Genève s’en tient au plan d’assainissement défini en 2000

«On ne peut pas extraire davantage de substance de la BCGE sans pénaliser le fisc ou les actionnaires», a glissé Blaise Goetschin lors de la présentation des résultats annuels de la Banque cantonale de Genève, mercredi. Le directeur général faisait allusion à l’initiative populaire voulant que la banque cantonale rembourse les 3,2 milliards de francs d’argent public qui l’avaient sauvée de la faillite en 2000. Le texte porté par Ensemble à gauche a été invalidé par le Conseil d’Etat genevois le 13 février et, pour la BCGE, ce chapitre est dorénavant clos.

Mais la banque n’aurait-elle pas intérêt à trouver une solution définitive à cette histoire qui risque de ressurgir un jour ou l’autre, sous la forme d’une nouvelle initiative, qui pourrait aller jusqu’aux urnes cette fois? «Il n’y a pas d’histoire», répond catégoriquement Blaise Goetschin, tout en reconnaissant comprendre l’émotion suscitée par ce débat populaire «respectable». Et la solution existe déjà, poursuit-il: c’est le plan d’assainissement accepté il y a plus de dix-huit ans.

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Injection de capitaux

Il comprend deux volets. Le premier concerne le remboursement des frais de fonctionnement de la fondation de valorisation, qui avait acquis les actifs immobiliers douteux de la banque pour les revendre au meilleur prix possible. Sur un total de 367 millions, la banque a remboursé 67,5 millions à ce jour.

Le second aspect est plus épineux: les 3,2 milliards de francs attribués à la banque en 2000. Contrairement aux initiants, Blaise Goetschin estime qu’il ne s’agit pas d’une dette de la banque envers le canton, qui détient 44% du capital de la BCGE. Pour lui, l’Etat s’est comporté comme un propriétaire qui injecte des capitaux dans une entreprise en difficulté. Le canton récupérera son argent lorsque sa participation dans le capital et les distributions effectuées par la BCGE s’élèveront à 3,2 milliards.

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La banque qui valait 1,5 milliard

Actuellement valorisée à 1,5 milliard de francs, la banque affirme avoir redistribué 964 millions de francs aux collectivités publiques depuis 2000, sous forme d’impôt, de dividende (la ville de Genève détient 20,9% du capital et les communes 7,4%) et de réserves (qui représentent plus de 63% du total). «Dans quelques années, la valeur de la banque permettra d’effacer les pertes de l’Etat de Genève, nous sommes en chemin», conclut Blaise Goetschin. Cette valeur dépendra aussi de l’évolution de l’action, qui a progressé de 17% en 2018 et pratiquement doublé en trois ans à la bourse suisse, tandis que l’indice SWX Banks a perdu environ 20%.

Pour l’année 2018, la BCGE a vu son résultat opérationnel progresser de 25% à 161 millions et son bénéfice net augmenter de 11,7% à 91,2 millions de francs. Le dividende prévu de 3,40 francs par action, serait en hausse de 17,2%.

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