Avarie

Le sauvetage à suspense du cargo «MSC Flaminia»

Le navire affrété par l’entreprise genevoise transporte une cargaison dangereuse. Endommagé, il est censé traverser la Manche

Cela fait plus d’un mois que l’on cherche une solution pour sauver le MSC Flaminia. Aux dernières nouvelles, le navire accidenté depuis le 14 juillet n’est pas prêt de faire cap vers la base navale allemande de Wilhelmshaven (Basse-Saxe). Il doit au préalable subir un diagnostic radiologique! C’est pour cette raison que le cargo de près de 300 m, ­affrété par le 2e plus grand armateur de porte-conteneurs au monde – basé à Genève –, Mediterranean Shipping Company (MSC), se trouve actuellement dans les eaux territoriales britanniques, soit à environ 40 milles nautiques au sud de la pointe ouest de l’Angleterre.

Son sauvetage, impliquant la traversée de la Manche et de la mer du Nord, devrait prendre du retard. Nul ne peut dire si sa présence ­prévue ce week-end à la hauteur d’Ouessant sera possible après les contrôles d’irradiation. Selon les activistes écologiques de l’association Robin des Bois, MSC serait «connue pour transporter occasionnellement des matières radioactives».

Pour rappel, le navire devait relier le port de Charleston (USA) à celui d’Anvers. L’esquif a été endommagé par un incendie suivi d’explosions au large de la Bretagne. Nul ne connaît encore les raisons de l’accident. A son bord: 2876 boîtes (soit l’équivalent de 1400 semi-remorques), contenant «du café, des moteurs de voiture et des produits chimiques dangereux», selon MSC, mais dont «la nature exacte ne peut être révélée pour des raisons de confidentialité». A en croire Le Monde, 151 caisses du MSC Flaminia seraient remplies de substances explosives et toxiques [ndlr: voire radioactives] telles que des nettoyants ménagers inflammables, ainsi que de gaz servant à gonfler les airbags, très irritant pour les yeux. Sans oublier que le ventre du vaisseau abriterait toujours entre 250 et 1000 tonnes de carburant, le reste ayant brûlé au cours de l’avarie. Voilà pour les risques de pollution.

Inconnue financière

Deux marins ont péri dans l’accident, et trois autres ont été blessés. Tout l’équipage a été évacué. «Le dernier incident dont nous avons été victimes date de 2008. Il impliquait des batteries au lithium, mais n’a fait aucune victime», se contente de répondre l’opérateur genevois, incapable de chiffrer la perte financière liée à l’avarie du MSC Flaminia, battant pavillon allemand.

Le propriétaire du navire, l’armateur Reederei NSB, n’en dira pas davantage, ni sur la nature exacte de la cargaison ni sur le manque à gagner lié au sauvetage. L’entreprise hambourgeoise nous renvoie à son dernier communiqué de presse. Une fois dans des eaux moins exposées aux dépressions frappant les côtes atlantiques, le MSC Flaminia subira des examens détaillés de la part de toute une batterie d’experts. Ce n’est qu’ensuite qu’il pourra être remorqué, dans le cadre d’un convoi exceptionnel vers Wilhelmshaven. Et périlleux: jusqu’à 500 navires par jour peuvent emprunter le détroit du Pas-de-Calais. Environ 90% des échanges s’effectuent par transport maritime.

Souverains des mers

Dans ce contexte, la compagnie MSC, dont les parts de marché se situent entre celles du danois Moller-Maersk (leader mondial de la branche, avec près de 20%) et le français CMA CGM (6%), dispose de 462 vaisseaux marchands. Son chiffre d’affaires, dont un tiers provient des activités de plaisance proposées par sa filiale de loisirs MSC Cruises, est estimé à plus de 7 milliards ­de francs. En 2011, la flotte MSC a fait naviguer l’équivalent de 13 100 con­teneurs.

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