Le Conseil fédéral a défini vendredi sa stratégie pour aider Swissair. Il est prêt à intervenir dans le cadre strict offert par la loi fédérale sur l'aviation, qui, en son article 102, stipule que «la Confédération peut participer à des entreprises de transport aérien lorsque l'intérêt public le justifie». «Cette disposition n'offre pas une base suffisante pour des prêts ou des garanties», souligne le chef du Département fédéral des finances, Kaspar Villiger. Cela signifie que, contrairement aux Etats-Unis, la Confédération n'accordera pas de versements directs ou de garanties de crédit.

Ce n'est qu'au titre d'actionnaire qu'elle dispose d'une marge de manœuvre. Elle possède actuellement 3% du capital-actions et pourrait s'investir dans une opération de recapitalisation. Celle-ci sera discutée lors d'une table ronde ces tout prochains jours: elle réunira le Conseil fédéral (représenté par Kaspar Villiger et le ministre des Transports, Moritz Leuenberger), les dirigeants de Swissair, les banques créancières et les principaux actionnaires. Le scénario actuellement en discussion consisterait à ramener le capital-actions à zéro, à réduire les créances obligataires de 50% et à convertir les prêts bancaires en un nouveau capital-actions. A combien l'engagement fédéral s'élèvera-t-il? Kaspar Villiger ne se prononce pas et ne confirme pas le montant d'un milliard évoqué vendredi par le Blick.

L'importance de Unique Airport

Avant de s'engager, le Conseil fédéral a voulu examiner la situation sous l'angle de l'«intérêt public» requis par la loi. Celui-ci semble rempli: le maintien de Swissair va en effet de pair avec celui de l'aéroport de Zurich-Kloten en tant que hub international indispensable pour l'économie suisse. Fort de ce constat, le gouvernement juge que «le sauvetage de Swissair est souhaitable». Son engagement reste cependant soumis à trois conditions: il sera subsidiaire à celui des banques et de l'économie privée, Swissair devra être une entreprise viable à long terme sans aide publique et il faut préalablement que les autres Etats, notamment ceux de l'UE, aient décidé d'aider leurs propres compagnies en difficulté.

Par ailleurs, l'accord du parlement sera nécessaire. S'il décide d'acheter des actions ou de participer à une recapitalisation, le Conseil fédéral proposera une ouverture de crédit par le biais d'un arrêté fédéral qui devrait en principe être soumis au parlement en décembre.